Homélie pour le 3e Dimanche de Pâques — Spiritualité 2000

La liturgie de ce dimanche nous met les pieds sur terre. Une certaine euphorie nous était facile le Jour de Pâques. Or ce matin les lectures, l’une après l’autre, viennent tempérer notre enthousiasme. Un peu comme quand l’hiver nous revient à la fin d’avril.

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Les femmes, les premières

Image result for femmes myrophoresLes trois femmes se rendaient au tombeau. C’était au plus tôt le matin. Elles étaient en deuil. Le cœur plein de tristesse. L’esprit inquiet. Elles se demandaient : « Qui nous roulera la pierre pour entrer dans le tombeau? »

via Homélie pour la Vigile pascale (B) — Spiritualité 2000

Homélie pour le 5e Dimanche du Carême (B) — Spiritualité 2000

Quand on nous annonce une éclipse de soleil, beaucoup de monde alors se déplace. On veut voir l’éclipse. Il faut, bien sûr, se protéger les yeux, mais alors on peut observer ce phénomène fascinant, tellement rare et spécial.

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4e Dimanche du Carême B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,14-21. »
En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

COMMENTAIRE par Jacques Marcotte, dominicain à Montréal

Nous savons le choix du pape François pour des voyages à l’étranger, qui prennent le sens d’une volonté d’aller là où il y a des difficultés, de la pauvreté, une misère criante. Cela lui demande certainement beaucoup de courage. Et de l’audace. Le pape ne fait pas du tourisme. Il ne cherche pas les paradis balnéaires pour se prélasser sur les bords de mer ou à l’ombre des grands palmiers. Non, il fait le choix d’aller voir les pauvres, d’aller porter la bonne nouvelle aux plus pauvres.  Et alors il y a toujours le risque pour lui de se heurter à ceux qui les exploitent. À ceux qui parfois leur font tant de mal. Il veut qu’on sache qu’il prend parti pour les malmenés de la vie. Il a sans doute l’intention d’attirer notre attention dans la même direction, tout au moins vers ceux et celles qui, près de nous, ont la vie dure et difficile. Pour que nous aussi nous ayons envie de compassion et de partage, pour que nous menions la lutte contre l’injustice et l’exploitation de l’homme par l’homme, pour nous puissions éveiller l’espérance dans le cœur des plus désespérés.

Les lectures de ce dimanche  nous provoquent à la compassion à l’endroit des plus souffrants de la terre, en solidarité avec ceux et celles qui prennent soin d’eux en quelque misère qu’ils se trouvent.

La Bonne Nouvelle, toujours attendue, est celle de la miséricorde et de la compassion.  C’est celle d’ailleurs que nous avons reçue dans l’Évangile du Christ. C’est ce précieux message qui nous est rappelée aujourd’hui dans les lectures de notre liturgie dominicale.

Au Second livre des Chroniques, c’est la Bonne Nouvelle de Cyrus, le roi des Perses, qui entend pratiquer à l’endroit des juifs en captivité à Babylone une politique leur permettant d’aller reconstruire le temple à Jérusalem.

Dans la lettre aux Éphésiens, c’est la Bonne Nouvelle d’un Dieu riche en miséricorde qui nous a aimés d’un grand amourIl nous a fait revivre avec le Christ, avec lui, il nous a ressuscités.

Enfin dans l’Évangile de Jean, c’est la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… pour que tout homme obtienne la vie éternelle, soit sauvé.

Pour bien entendre cette Bonne Nouvelle, pour entrer dans la grâce du salut, il faut reconnaître notre mal, notre infidélité, notre péché.  Et ça nous est bien difficile.

Nous sommes tellement avancés dans les techniques et dans l’intelligence des réalités de la nature, le normal et le pathologique, que nous nous croyons seuls capables de régler nos problèmes.  Or il y a de quoi comprendre, en tous nos malheurs et nos limites, que nous n’y arriverons pas tout seul.  Nous avons besoin de l’aide d’un plus grand que nous.  Il nous faut réfléchir beaucoup à notre fragilité radicale et à nos limites incontournables. Et nous voudrons, bien sûr, accueillir la Bonne Nouvelle du Dieu d’amour sans cesser pour autant d’investir toutes nos ressources humaines et nos énergies pour sauver l’humanité.

En cette liturgie, prions pour que nous ayons la force et l’audace d’aller au bout de nos capacités naturelles de transformation et de guérison, et pour que nous sachions accueillir de Dieu le supplément d’âme et les ressources « surnaturelles » indispensables pour que notre monde soit effectivement et durablement sauvé.

Un autre commentaire, par soeur Claire Patier, bibliste

Savoir écouter, un art

Une méditation du fr Gabriel Nissim, o.p. Paris

en marge de l’Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 14 :

„Le muet se mit à parler”

Il y a ceux qui ont droit à la parole, et tant d’autres qui n’ont qu’à suivre. Tant de « sans-voix » dans notre monde. Et nous-mêmes, tant de façons de dire : « Tais-toi ! » – plus ou moins poliment.
En Afrique, on a cette belle coutume de la « palabre ». Devant une décision à prendre, tous ceux qui sont concernés vont prendre la parole, et être écoutés silencieusement. Même si, à la fin, c’est un avis qui l’emporte sur les autres, la parole de chacun aura été prise en considération, personne ne sera resté sans voix.
Quand Jésus délivre le muet, il lui rend quelque chose qui est constitutif de son humanité. En même temps qu’il relève en lui la parole, il le relève dans sa dignité.
Dans notre société surmédiatisée, où ce sont toujours les mêmes qu’on nous fait écouter, qui relèvera la parole de ceux qui sont réduits au silence, surtout les plus petits ? Et attention, ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’exprimer avec des mots le feront souvent par l’agression. On ne le sait que trop dans les prisons…
Relever la parole chez l’autre, chacun de nous en est capable : il suffit de savoir écouter. Notre société a multiplié les « écoutants » : c’est un beau service. Mais ce ne doit pas être réservé à des professionnels. Tout un chacun peut apprendre à relever la parole chez les muets, chez les « sans-voix » de nos sociétés. Écouter, rendre ainsi à l’autre la parole perdue, c’est là une double façon de rendre présente la sainteté de Dieu. Car alors c’est en celui qui écoute autant qu’en celui qui retrouve la parole que Dieu relève son sanctuaire.

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Dieu n’est pas à vendre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-25. 

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

D’un commentaire du P. J. Marcotte, dominicain à Montréal

Au temple de Jérusalem, Jésus constate qu’on a fait de la religion juive, de l’alliance de Dieu avec son peuple, une affaire commerciale. Tu me donnes et moi je te donne. Du donnant, donnant avec Dieu. Comme si on achetait le bon Dieu. Or on n’achète pas Dieu. Il n’est pas à vendre. Le culte n’est pas là pour apprivoiser Dieu, le tirer de notre bord, obtenir ses faveurs, pour marchander avec lui. Avouons que c’est là notre tentation depuis longtemps. Que de fois avons-nous pensé que plus nous en faisons pour Dieu plus il nous récompensera, plus il fera attention à nos demandes. En faire toujours un peu plus pour le gagner en notre faveur. Et ça, c’est très fatiguant pour nous et c’est fatiguant aussi pour Dieu.

Jésus est venu nous faire voir les choses autrement. Il vient nous révéler un Père qui nous aime et à qui il suffit qu’à notre tour nous l’aimions comme notre Père et que nous aimions ce qu’il aime, que nous fassions comme lui.  Notre foi est une foi dans l’amour du Père révélé en son Fils. Notre culte devient non plus un rapport commercial avec Dieu, mais une action de grâce, une réponse d’amour à l’amour premier du Père.

Plus besoin dès lors de ce temple de pierres et des milliers de sacrifices d’animaux, plus besoin de nos mortifications accumulées et de nos prières en pile, mais seulement l’accueil généreux du don de Dieu, de son Esprit Saint qui nous est donné avec la personne du Fils qui nous recueille en lui – comme en un temple saint – pour offrir au Père la louange et la charité parfaite. Bien sûr que tout cela implique de notre part l’imitation du Fils et de son Père, dans une vie donnée, une vie offerte, une vie toute consacrée à la charité, à la justice, à la communion avec tous nos frères et sœurs. Et cela, ce n’est pas de tout repos!

Mais quelle liberté nouvelle!  Quelle libération aussi! Quelle purification de nos cœurs! Quel sens nouveau prennent toutes nos actions, que nous accomplirons désormais en référence avec l’ordre nouveau venu de Pâques : tout en celui qui est mort et ressuscité pour nous.