Homélie pour le 3e Dimanche de Pâques — Spiritualité 2000

La liturgie de ce dimanche nous met les pieds sur terre. Une certaine euphorie nous était facile le Jour de Pâques. Or ce matin les lectures, l’une après l’autre, viennent tempérer notre enthousiasme. Un peu comme quand l’hiver nous revient à la fin d’avril.

via Homélie pour le 3e Dimanche de Pâques — Spiritualité 2000

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Dimanche de la Miséricorde

Cet évangile nous est lu chaque année le 2edimanche de Pâques. L’apôtre Thomas attire chaque fois notre attention. Ce pauvre Thomas qui refuse de croire les autres et qui est rattrapé finalement par le Seigneur. Il nous ressemble avec ses doutes et ses difficultés de croire.

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via Homélie pour le 2e Dimanche de Pâques (B) — Spiritualité 2000

Paradoxul credinței

(Predică la Duminica a 4-a din Post – vindecarea fiului cu duh mut – Marcu IX, 17-32) „Cred, Doamne, ajută necredinței mele!” Iubiți credincioși, Ne aflăm în nordul țării sfinte, undeva în vecinătatea Mării Galileii. Mântuitorul își lăsase ucenicii într-un sat și mersese pe Muntele Taborului, luând cu el doar pe trei dintre ei: pe […]

via Paradoxul credinței — Catedrala Ortodoxă „Buna Vestire” Montreal

A détresse extrême, compassion extrême

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45. 
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

COMMENTAIRE de Jacques Marcotte

http://www.spiritualite2000.com/2018/02/homelie-pour-le-6e-dimanche-t-o-b/

Ce n’est pas drôle d’être atteint d’un mal contagieux, d’être mis en isolation, d’être en quarantaine… Toute la vie devient compliquée… pour nous-mêmes qui devons accepter d’être éloignés pour un temps des autres, privés de leur visite, de contacts normaux avec nos semblables. Ce n’est pas drôle non plus pour nos proches qui ne peuvent nous approcher sans prendre toutes les précautions nécessaires. Il y a un mur qui nous sépare. Malgré, bien sûr, que des bons soins « travaillent » intensément à nous guérir avec des chances de réussir à le faire rapidement.

C’était le sort réservé aux lépreux autrefois. On craignait la contagion. Ils étaient exclus, mis à part, sans grande possibilité – à l’époque – d’être soignés. C’était fatal dans la plupart des cas. Des morts vivants, c’est ce qu’ils devenaient. Un peu comme on a vu il y a quelques années en Afrique de l’Ouest au plus fort de l’épidémie de la fièvre Ébola.

Tout cela nous fait comprendre l’enjeu du miracle et du signe accomplis par Jésus aujourd’hui. Cette fois, le malade a franchi les barrières qui l’isolaient. Sa foi en Jésus lui a fait se frayer un passage jusqu’à lui, jusqu’à tomber à ses genoux en disant : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Le pauvre homme joue le tout pour le tout. La réaction normale de Jésus aurait dû être de fuir, de dénoncer ce malheureux.

Jésus choisit au contraire de jouer lui aussi le tout pour le tout en faveur de cet homme. Il s’éprend de pitié, d’une compassion extrême pour ce malheureux. Il puise en lui-même toute l’énergie divine qui lui fait dire : « Je le veux soit purifié ». Et cela après l’avoir touché, après avoir posé le geste dangereux et socialement condamné. Jésus mise sur la foi du lépreux. Il engage sa puissance divine et tout son amour. Et l’homme est purifié de sa lèpre.

La suite nous permet de voir que les conséquences, si elles sont heureuses pour l’homme guéri, ne sont pas très intéressantes pour Jésus. L’homme purifié n’a pas respecté les consignes de discrétion que lui avait prescrites Jésus. On le miraculé de n’avoir pas pu se retenir. Il était tellement content! Mais pour Jésus ça voudra dire se tenir loin des villages et des lieux habités. C’est à son tour de devoir s’isoler, se tenir à l’écart, vivre l’exclusion. On peut dire que c’était pour lui le prix à payer pour avoir guéri cet homme.

Au-delà de cet évènement déjà très beau en lui-même et révélateur de la puissance de la foi dans le Christ, révélateur de la puissance merveilleuse du Christ, il y a à considérer la portée spirituelle immense de geste qui nous rejoint chacun, chacune aujourd’hui.

Nous sommes marqués nous aussi de la lèpre du péché. La peur, l’incompréhension, l’isolement nous tiennent dans la tristesse, la solitude et l’incapacité de nous en sortir tout seul. À moins de nous tourner résolument vers le Seigneur. Lui-même il a franchi les barrières de nos solitudes, de nos souffrances, de la mort elle-même. Il en a fait personnellement l’expérience.

Ressuscité, il s’offre à nous toucher personnellement de son Esprit Saint, dans la grâce des sacrements de son Église. Il éveille lui- même notre foi. A nous de lui faire pleine confiance, de puiser abondamment à sa puissance de vie qui nous purifiera et nous rendra capables de liens fraternels authentiques avec nos frères et sœurs en communion intime et personnelle avec Dieu lui-même.

Entrons dans cette espérance et rendons grâce pour l’œuvre d’amour et de salut qui s’accomplit pour nous dans la personne de Jésus, le Christ, notre Sauveur. Amen.

 

Saint François de Sales

Du pape Benoît XVI, 2011

Chers frères et sœurs,

«Dieu est le Dieu du cœur humain» (Traité de l’Amour de Dieu, I, XV): dans ces paroles apparemment simples, nous percevons l’empreinte de la spiritualité d’un grand maître, dont je voudrais vous parler aujourd’hui, saint François de Sale, évêque et docteur de l’Eglise. Né en 1567 dans une région frontalière de France, il était le fils du Seigneur de Boisy, antique et noble famille de Savoie. Ayant vécu à cheval entre deux siècles, le XVIe et le XVIIe, il rassemblait en lui le meilleur des enseignements et des conquêtes culturelles du siècle qui s’achevait, réconciliant l’héritage de l’humanisme et la tension vers l’absolu propre aux courants mystiques. Sa formation fut très complète; à Paris, il suivit ses études supérieures, se consacrant également à la théologie, et à l’Université de Padoue celles de droit, suivant le désir de son père, qu’il conclut brillamment par une maîtrise in utroque iure, droit canonique et droit civil. Dans sa jeunesse équilibrée, réfléchissant sur la pensée de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin, il traversa une crise profonde qui le conduisit à s’interroger sur son salut éternel et sur la prédestination de Dieu à son égard, vivant avec souffrance comme un véritable drame spirituel les questions théologiques de son époque. Il priait intensément, mais le doute le tourmenta si fort que pendant plusieurs semaines, il ne réussit presque plus à manger et à dormir. Au comble de l’épreuve, il se rendit dans l’église des dominicains à Paris, ouvrit son cœur et pria ainsi: «Quoi qu’il advienne, Seigneur, toi qui détiens tout entre tes mains, et dont les voies sont justice et vérité; quoi que tu aies établi à mon égard…; toi qui es toujours un juge équitable et un Père miséricordieux, je t’aimerai Seigneur (…) je j’aimerai ici, ô mon Dieu, et j’espérerai toujours en ta miséricorde, et je répéterai toujours tes louanges… O Seigneur Jésus, tu seras toujours mon espérance et mon salut dans la terre des vivants» (I Proc. Canon., vol. I, art. 4). François, âgé de vingt ans, trouva la paix dans la réalité radicale et libératrice de l’amour de Dieu: l’aimer sans rien attendre en retour et placer sa confiance dans l’amour divin; ne plus demander ce que Dieu fera de moi: moi je l’aime simplement, indépendamment de ce qu’il me donne ou pas. Ainsi, il trouva la paix, et la question de la prédestination — sur laquelle on débattait à cette époque — s’en trouva résolue, car il ne cherchait pas plus que ce qu’il pouvait avoir de Dieu; il l’aimait simplement, il s’abandonnait à sa bonté. Et cela sera le secret de sa vie, qui transparaîtra dans son œuvre principale: le Traité de l’amour de Dieu.

En vainquant les résistances de son père, François suivit l’appel du Seigneur et, le 18 décembre 1593, fut ordonné prêtre. En 1602, il devint évêque de Genève, à une époque où la ville était un bastion du calvinisme, au point que le siège épiscopal se trouvait «en exil» à Annecy. Pasteur d’un diocèse pauvre et tourmenté, dans un paysage de montagne dont il connaissait aussi bien la dureté que la beauté, il écrivit: «[Dieu] je l’ai rencontré dans toute sa douceur et sa délicatesse dans nos plus hautes et rudes montagnes, où de nombreuses âmes simples l’aimaient et l’adoraient en toute vérité et sincérité; et les chevreuils et les chamois sautillaient ici et là entre les glaciers terrifiants pour chanter ses louanges» (Lettre à la Mère de Chantal, octobre 1606, in Œuvres, éd. Mackey, t. XIII, p. 223). Et toutefois, l’influence de sa vie et de son enseignement sur l’Europe de l’époque et des siècles successifs apparaît immense. C’est un apôtre, un prédicateur, un homme d’action et de prière; engagé dans la réalisation des idéaux du Concile de Trente; participant à la controverse et au dialogue avec les protestants, faisant toujours plus l’expérience, au-delà de la confrontation théologique nécessaire, de l’importance de la relation personnelle et de la charité; chargé de missions diplomatiques au niveau européen, et de fonctions sociales de médiation et de réconciliation. Mais saint François de Sales est surtout un guide des âmes: de sa rencontre avec une jeune femme, madame de Charmoisy, il tirera l’inspiration pour écrire l’un des livres les plus lus à l’époque moderne, l’Introduction à la vie dévote; de sa profonde communion spirituelle avec une personnalité d’exception, sainte Jeanne Françoise de Chantal, naîtra une nouvelle famille religieuse, l’Ordre de la Visitation, caractérisé — comme le voulut le saint — par une consécration totale à Dieu vécue dans la simplicité et l’humilité, en accomplissant extraordinairement bien les choses ordinaires: «… Je veux que mes Filles — écrit-il — n’aient pas d’autre idéal que celui de glorifier [Notre Seigneur] par leur humilité» (Lettre à Mgr de Marquemond, juin 1615). Il meurt en 1622, à cinquante-cinq ans, après une existence marquée par la dureté des temps et par le labeur apostolique.

La vie de saint François de Sales a été une vie relativement brève, mais vécue avec une grande intensité. De la figure de ce saint émane une impression de rare plénitude, démontrée dans la sérénité de sa recherche intellectuelle, mais également dans la richesse de ses sentiments, dans la «douceur» de ses enseignements qui ont eu une grande influence sur la conscience chrétienne. De la parole «humanité», il a incarné les diverses acceptions que, aujourd’hui comme hier, ce terme peut prendre: culture et courtoisie, liberté et tendresse, noblesse et solidarité. Il avait dans son aspect quelque chose de la majesté du paysage dans lequel il a vécu, conservant également sa simplicité et son naturel. Les antiques paroles et les images avec lesquelles il s’exprimait résonnent de manière inattendue, également à l’oreille de l’homme d’aujourd’hui, comme une langue natale et familière.

François de Sales adresse à Philotée, le destinataire imaginaire de son Introduction à la vie dévote (1607) une invitation qui, à l’époque, dut sembler révolutionnaire. Il s’agit de l’invitation à appartenir complètement à Dieu, en vivant en plénitude la présence dans le monde et les devoirs de son propre état. «Mon intention est d’instruire ceux qui vivent en villes, en ménages, en la cour […]» (Préface de l’Introduction à la vie dévote). Le document par lequel le Pape Pie ix, plus de deux siècles après, le proclamera docteur de l’Eglise insistera sur cet élargissement de l’appel à la perfection, à la sainteté. Il y est écrit: «[la véritable piété] a pénétré jusqu’au trône des rois, dans la tente des chefs des armées, dans le prétoire des juges, dans les bureaux, dans les boutiques et même dans les cabanes de pasteurs […]» (Bref Dives in misericordia, 16 novembre 1877). C’est ainsi que naissait cet appel aux laïcs, ce soin pour la consécration des choses temporelles et pour la sanctification du quotidien sur lesquels insisteront le Concile Vatican ii et la spiritualité de notre temps. L’idéal d’une humanité réconciliée se manifestait, dans l’harmonie entre action dans le monde et prière, entre condition séculière et recherche de perfection, avec l’aide de la grâce de Dieu qui imprègne l’homme et, sans le détruire, le purifie, en l’élevant aux hauteurs divines. Saint François de Sales offre une leçon plus complexe à Théotime, le chrétien adulte, spirituellement mûr, auquel il adresse quelques années plus tard son Traité de l’amour de Dieu (1616). Cette leçon suppose, au début, une vision précise de l’être humain, une anthropologie: la «raison» de l’homme, ou plutôt l’«âme raisonnable», y est vue comme une architecture harmonieuse, un temple, articulé en plusieurs espaces, autour d’un centre, qu’il appelle, avec les grands mystiques, «cime», «pointe» de l’esprit, ou «fond» de l’âme. C’est le point où la raison, une fois parcourus tous ses degrés, «ferme les yeux» et la connaissance ne fait plus qu’un avec l’amour (cf. livre I, chap. XII). Que l’amour, dans sa dimension théologale, divine, soit la raison d’être de toutes les choses, selon une échelle ascendante qui ne semble pas connaître de fractures et d’abîmes. Saint François de Sales l’a résumé dans une phrase célèbre: «L’homme est la perfection de l’univers; l’esprit est la perfection de l’homme; l’amour, celle de l’esprit; et la charité, celle de l’amour» (ibid., livre X, chap. I).

Dans une saison d’intense floraison mystique, le Traité de l’amour de Dieu est une véritable somme, en même temps qu’une fascinante œuvre littéraire. Sa description de l’itinéraire vers Dieu part de la reconnaissance de l’«inclination naturelle» (ibid., livre I, chap. XVI), inscrite dans le cœur de l’homme bien qu’il soit pécheur, à aimer Dieu par dessus toute chose. Selon le modèle de la Sainte Ecriture, saint François de Sales parle de l’union entre Dieu et l’homme en développant toute une série d’images de relation interpersonnelle. Son Dieu est père et seigneur, époux et ami, il a des caractéristiques maternelles et d’une nourrice, il est le soleil dont même la nuit est une mystérieuse révélation. Un tel Dieu attire l’homme à lui avec les liens de l’amour, c’est-à-dire de la vraie liberté: «Car l’amour n’a point de forçats ni d’esclaves, [mais] réduit toutes choses à son obéissance avec une force si délicieuse, que comme rien n’est si fort que l’amour, aussi rien n’est si aimable que sa force» (ibid., livre I, chap. VI). Nous trouvons dans le traité de notre saint une méditation profonde sur la volonté humaine et la description de son flux, son passage, sa mort, pour vivre (cf. ibid., livre IX, chap. XIII) dans l’abandon total non seulement à la volonté de Dieu, mais à ce qui Lui plaît, à son «bon plaisir» (cf. ibid., livre IX, chap. I). Au sommet de l’union avec Dieu, outre les ravissements de l’extase contemplative, se place ce reflux de charité concrète, qui se fait attentive à tous les besoins des autres et qu’il appelle «l’extase de l’œuvre et de la vie» (ibid., livre VII, chap. VI).

On perçoit bien, en lisant le livre sur l’amour de Dieu et plus encore les si nombreuses lettres de direction et d’amitié spirituelle, quel connaisseur du cœur humain a été saint François de Sales. A sainte Jeanne de Chantal, à qui il écrit: «[…] car voici la règle générale de notre obéissance écrite en grosses lettres: il faut tout faire par amour, et rien par force; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance. Je vous laisse l’esprit de liberté, non pas celui qui forclos [exclut] l’obéissance, car c’est la liberté de la chair; mais celui qui forclos la contrainte et le scrupule, ou empressement» (Lettre du 14 octobre 1604). Ce n’est pas par hasard qu’à l’origine de nombreux parcours de la pédagogie et de la spiritualité de notre époque nous retrouvons la trace de ce maître, sans lequel n’auraient pas existé saint Jean Bosco ni l’héroïque «petite voie» de sainte Thérèse de Lisieux.

Chers frères et sœurs, à une époque comme la nôtre qui recherche la liberté, parfois par la violence et l’inquiétude, ne doit pas échapper l’actualité de ce grand maître de spiritualité et de paix, qui remet à ses disciples l’«esprit de liberté», la vraie, au sommet d’un enseignement fascinant et complet sur la réalité de l’amour. Saint François de Sales est un témoin exemplaire de l’humanisme chrétien avec son style familier, avec des paraboles qui volent parfois sur les ailes de la poésie, il rappelle que l’homme porte inscrite en lui la nostalgie de Dieu et que ce n’est qu’en Lui que se trouve la vraie joie et sa réalisation la plus totale.

Le baptême de Jésus

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église 
Homélies sur l’évangile de Marc. 

« Et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean. » Grande est sa miséricorde : celui qui n’avait pas commis de péché est baptisé comme un pécheur. Dans le baptême du Seigneur tous les péchés sont remis. Mais Il n’est qu’une sorte de préfiguration du baptême du Sauveur, car la vraie rémission des péchés est dans le sang du Christ, dans le mystère de la Trinité. 
« Et ressortant de l’eau, il vit les cieux ouverts. » Tout cela est écrit pour nous. Donc avant de recevoir le baptême, nous avons les yeux fermés, nous ne voyons pas les réalités célestes. 

« Il vit l’Esprit-Saint descendre comme une colombe et demeurer sur lui. Et il y eut une voix du haut du ciel : tu es mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma faveur ». Nous voyons le mystère de la Trinité : Jésus est baptisé, l’Esprit-Saint descend sous l’apparence d’une colombe, le Père parle du haut du ciel.
« Il vit les cieux ouverts.» L’expression « il vit » montre que les autres n’avaient pas vu. Que l’on n’aille pas s’imaginer les cieux simplement et matériellement ouverts : nous-mêmes qui maintenant sommes en ce lieu, selon la diversité de nos mérites, nous voyons les cieux ouverts ou fermés. Une foi totale voit les cieux ouverts, mais une foi qui doute les voit fermés. 

« Il vit les cieux ouverts, et l’Esprit comme une colombe descendre et demeurer sur lui. » (Jn 1,32) Voyez ce que dit l’Écriture : demeurer, c’est-à-dire ne pas s’en aller. Sur le Christ, l’Esprit-Saint est descendu et est demeuré ; tandis que sur les hommes, il descend mais ne demeure pas. En effet espérons-nous que l’Esprit-Saint demeure en nous quand nous haïssons notre frère ou que nous avons des pensées mauvaises ? Si donc nous avons de bonnes pensées, sachons que l’Esprit-Saint habite en nous, mais si nous en avons de mauvaises, c’est le signe que l’Esprit-Saint s’est retiré de nous. C’est pourquoi il est dit du Sauveur : « Celui sur qui tu verras l’Esprit Saint descendre et demeurer, c’est lui. » (Jn 1,33)

Andrei

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Auzind că Ioan a fost închis, Isus s-a retras în Galileea. Şi, părăsind Nazaretul, a venit şi s-a stabilit la Cafarnaum, care este pe malul mării, în ţinuturile lui Zabulon şi Neftali, ca să se împlinească ceea ce a fost spus prin profetul Isaia:
Pământ al lui Zabulon şi pământ al lui Neftali,
pe drumul spre mare, dincolo de Iordan,
Galileea păgânilor!
Poporul care zăcea în întuneric
a văzut o lumină mare,
iar celor care locuiau
în ţinutul întunecos al morţii,
le-a răsărit o lumină.

De atunci a început Isus să predice şi să spună: „Convertiţi-vă, pentru că s-a apropiat împărăţia cerurilor”.
Umblând de-a lungul Mării Galileei, a văzut doi fraţi: pe Simon, numit Petru, şi pe Andrei, fratele lui, aruncând năvodul în mare, căci erau pescari, şi le-a spus: „Veniţi după mine şi vă voi face pescari de oameni!” Iar ei, părăsind îndată năvoadele, l-au urmat. Plecând de acolo, a văzut alţi doi fraţi, pe Iacob, fiul lui Zebedeu, şi pe Ioan, fratele lui, în barcă, împreună cu Zebedeu, tatăl lor, reparându-şi năvoadele, şi i-a chemat. Iar ei, părăsind îndată barca şi pe tatăl lor, l-au urmat (Mt 4,12-23).

*

Poporul care zăcea în întuneric a văzut o lumină mare,
iar celor care locuiau în ţinutul întunecos al morţii,
le-a răsărit o lumină.

„Iată de ce Isus parcurge perimetrul Mării Galileei,
are grijă să ne explice Evanghelia (Mt 4,18; Mc 1,16).
Nu departe de mal, Isus îi remarcă, printre pescarii
de pe lac,
pe Simon Petru şi pe Andrei, apoi pe Ioan şi Iacob.
Înainte de a-i alege pe cei Doisprezece,
Isus a petrecut o noapte întreagă pe munte, în rugăciune,
după cum ne încredinţează Luca (6,12).
Ştie deci ce poartă-n inimi aceşti bărbaţi (In 2,25).
Îi cheamă la el. I-a ales, aşa cum le-o va zice chiar el
mai târziu,
în deplina, suprema libertate a lui Dumnezeu:
„Nu voi m-aţi ales pe mine, ci eu v-am ales
şi v-am rânduit” (In 15,16).
Chemarea nu ţine de dorinţa cuiva.
E răspunsul, prin întreaga viaţă, la chemarea divină,
după ascultarea unui cuvânt ce a pătruns până în
adâncul inimii.
Cei patru bărbaţi galileeni îşi au, fiecare, rostul său.
Au casă, familie, profesie.
Cei ce îl urmează pe Cristos n-o fac din lipsă de ceva
mai bun sau ca să umple un gol:
Isus n-a chemat oameni trândavi,
căci a-l urma e orice, numai sinecură sau refugiu nu.
Petru şi Andrei îşi aruncau năvoadele;
Iacob şi Ioan şi le reparau pe ale lor;
erau în toiul muncii, ori al pregătirilor de muncă,
şi atunci l-au văzut trecând pe Domnul, i-au auzit
glasul.  (…)

Iată, Fiul Omului trece astăzi
pe malul propriului nostru lac al Tiberiadei:
Când a intrat el în Ierusalim,
toată cetatea s-a tulburat şi spunea:
„Cine este acesta?”
Iar mulţimile spuneau:
„Acesta este profetul Isus
din Nazaretul Galileei” (Mt 21,10-11).
El singur are cuvintele vieţii veşnice ( In 6,68), o
ştim prea bine!
Nu putem deci să ne prefacem că nu l-am auzit!
Numai el, potrivit credinţei noastre, are ultimul cuvânt
despre moarte,
moartea pe care a călcat-o în picioare…
Şi numai la el găsim leacul tuturor durerilor noastre,
în care îşi revarsă, tainic, tăcut, Prezenţa.
Nu putem continua ca şi cum n-am cunoaşte adevărul!
Nimeni altul nu a putut spune, precum Cristos:
„Eu sunt Calea, Adevărul, şi Viaţa” (In 14,16),
dovedind cele spuse prin moartea şi învierea lui,
căreia îi vom fi părtaşi (cf. Rom 6,5).

Fragment de omilie de P.-M Delfieux, Paris, talmacire publicata în volumul „Ce vreau Eu este iubirea”, editura Sapientia Iasi.

Născut în regiunea franceză Aveyron în 1934, într-o familie de catolici practicanţi, Pierre-Marie Delfieux a fost hirotonit preot în Dieceza de Rodez, fiind ulterior numit director spiritual printre studenţii de la Sorbona. În perioada tulbure ce a urmat evenimentelor din luna mai 1968, părintele Delfieux a petrecut în pustiul Asekrem din Algeria doi ani de solitudine; pe urmele fericitului frate Charles de Foucauld, a dus o viaţă austeră de muncă, meditaţie şi rugăciune. În această „pustnicie” s-a înfiripat un proiect de viaţă călugărească în plin oraş, „acolo unde se află adevăratul deşert”. Acest proiect a devenit realitate cu sprijinul cardinalului François Marty, arhiepiscopul de atunci al Parisului, care a încredinţat noii fraternităţi Biserica „Saint-Gervais”.
Fratele Pierre-Marie a decedat în urma unei boli grele la 21 februarie 2013. Se afla atunci în comunitatea de la Magdala, din departamentul Loir-et-Cher, unde se află mormântul său. Euharistia de adio a avut loc la Catedrala „Notre-Dame” din Paris.