Dimanche de la Miséricorde

Cet évangile nous est lu chaque année le 2edimanche de Pâques. L’apôtre Thomas attire chaque fois notre attention. Ce pauvre Thomas qui refuse de croire les autres et qui est rattrapé finalement par le Seigneur. Il nous ressemble avec ses doutes et ses difficultés de croire.

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via Homélie pour le 2e Dimanche de Pâques (B) — Spiritualité 2000

Reclame

Voici l’homme

« Qu’as-tu fait ? » demande Pilate à Jésus. Mais pour lui, les choses sont claires : son intérêt personnel prévaudra.

Le chemin de Croix du Fils commence :

« Nous avons jugé Dieu et nous l’avons condamné à mort » (Paul Claudel).

A la deuxième station du chemin de Croix, le Saint s’identifie à notre misère :

« Voici l’agneau de Dieu, qui prend sur lui le péché du monde ».

A la troisième station, Jésus tombe sous notre poids.

« Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent, ils s’attroupent contre moi ».

A la quatrième station, Jésus rencontre sa mère, éperdue de douleur.

« Toi-même, une épée te transpercera l’âme ».

Au cinquième arrêt, un passant se charge de la Croix qui portera les nôtres.

« Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et moi je t’aime ».

A la sixième station, une femme essuie le visage de l’Homme :

« L’amour parfait chasse la crainte ».

A la septième station, Dieu tombe une deuxième fois :

« Quiconque s’abaisse sera élevé ».                                   

A la huitième station, Dieu réconforte les pleureuses :

« Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant ».

A la neuvième station, Dieu atteint les profondeurs du désespoir humain :

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ».

A la dixième station, Jésus se laisse dépouiller :

« Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mes vêtements ».

A la onzième station, le Roi du monde est cloué au lit de toutes nos douleurs :   

« Pas ma volonté, Père, mais la tienne… »

A la douzième station du chemin de Croix, Jésus étend ses bras entre ciel et terre.

Il nous prend avec lui dans sa mort, comme il nous prendra dans sa résurrection.

« Quand je serai élevé de terre, j’attirerai les hommes à moi ».

           « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

C’est accompli !

 

 

La Route pascale

Commentaire pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion

Par Jacques Marcotte, o.p., Montréal

Nous venons de lire le troublant récit de la Passion. Saint Marc, avec son sens du détail et de la mise en scène, nous fait participer du dedans à ce drame tellement pareil à ce que vivent tant et tant de pauvres gens sur la terre, prisonniers politiques, populations oppressées, malheureuses victimes de la cruauté de leurs semblables.

Jésus, dont nous savons déjà qu’il est le Fils de Dieu, donne ici le témoignage ultime de sa participation totale à notre condition humaine. Il ne s’est pas dérobé devant nos souffrances et notre mort. Il fallait que s’accomplisse l’Écriture, précise-t-il, et la volonté bienveillante de son Père des cieux. Dans l’humilité, la patience, Jésus choisit d’être parfaitement fidèle à l’amour du Père qu’il a mission de révéler à tous.

Il s’avance – au milieu des embûches – avec dignité et courage. Remarquons qu’au moment où il entre dans sa grande passion, Jésus n’essuie que trahisons, reniements, rebuffades, faux témoignages, agressions et violences de toutes sortes. Le rejet et le mépris s’acharnent sur lui jusqu’à la fin. Ils lui viennent de toute part. Plus personne ne prend pour lui. Jusqu’à son dernier soupir il sera seul, affreusement seul, au point de crier sa détresse au Père lui-même qui semble lui aussi l’abandonner: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » Cette parole saisissante du psaume nous donne frisson; elle donne la mesure de la souffrance morale et physique de Jésus, de l’abandon dans lequel il se sent, dans lequel apparemment il se trouve.

Mais voici que dès que survient la mort de Jésus, il se produit un changement radical, significatif. Le sacrifice de Jésus va porter fruit. « Le voile du Temple se déchire de haut en bas. » Le centurion, en face de Jésus, voyant comment Jésus avait expiré, s’écrit : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu! » Il aura fallu que Jésus meure sur la croix pour que le soldat romain en vienne à professer ainsi une foi toute inspirée, qui nous entraîne à croire et comprendre que tout va changer maintenant de par cet aboutissement de l’Évangile. Jésus le Fils de Dieu, nous donnant à voir la pleine vérité de son être et de l’amour de Dieu dans cet acte suprême de sa vie donnée, de sa mort offerte.

Dans le récit s’enchaînent alors d’autres détails qui font bien voir l’effet rédempteur de la mort de Jésus : le témoignage discret et efficace de Joseph d’Arimathie, membre du Conseil, réclamant avec courage le corps de Jésus pour lui donner une sépulture. Et ces femmes qui se profilent près des crucifiés. Discrètes et fidèles, elles seront là pour accueillir la nouvelle qui ne saurait tarder.
C’est maintenant notre chance tout au long de cette semaine sainte de suivre et d’accompagner Jésus, de méditer sa passion et d’arriver nous aussi à la précieuse découverte, toujours nouvelle, la lumineuse conviction qu’il est vraiment le Fils de Dieu, Dieu avec nous jusqu’au bout, pour entrer dans la grâce de sa croix. Pour que nos vies en soient transformées et sauvées.

http://www.spiritualite2000.com/2018/03/homelie-pour-le-dimanche-des-rameaux-et-de-la-passion/

 
 

Savoir écouter, un art

Une méditation du fr Gabriel Nissim, o.p. Paris

en marge de l’Évangile selon saint Luc, chapitre 11, verset 14 :

„Le muet se mit à parler”

Il y a ceux qui ont droit à la parole, et tant d’autres qui n’ont qu’à suivre. Tant de « sans-voix » dans notre monde. Et nous-mêmes, tant de façons de dire : « Tais-toi ! » – plus ou moins poliment.
En Afrique, on a cette belle coutume de la « palabre ». Devant une décision à prendre, tous ceux qui sont concernés vont prendre la parole, et être écoutés silencieusement. Même si, à la fin, c’est un avis qui l’emporte sur les autres, la parole de chacun aura été prise en considération, personne ne sera resté sans voix.
Quand Jésus délivre le muet, il lui rend quelque chose qui est constitutif de son humanité. En même temps qu’il relève en lui la parole, il le relève dans sa dignité.
Dans notre société surmédiatisée, où ce sont toujours les mêmes qu’on nous fait écouter, qui relèvera la parole de ceux qui sont réduits au silence, surtout les plus petits ? Et attention, ceux qui ne savent ou ne peuvent pas s’exprimer avec des mots le feront souvent par l’agression. On ne le sait que trop dans les prisons…
Relever la parole chez l’autre, chacun de nous en est capable : il suffit de savoir écouter. Notre société a multiplié les « écoutants » : c’est un beau service. Mais ce ne doit pas être réservé à des professionnels. Tout un chacun peut apprendre à relever la parole chez les muets, chez les « sans-voix » de nos sociétés. Écouter, rendre ainsi à l’autre la parole perdue, c’est là une double façon de rendre présente la sainteté de Dieu. Car alors c’est en celui qui écoute autant qu’en celui qui retrouve la parole que Dieu relève son sanctuaire.

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Troisième mardi de Carême : LECTURES

Daniel 3,25-43; Psaume 24; Matthieu 18,21-35

„Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.”

Matthieu 18,22

Combien de fois… ?

Elle est bien judicieuse la question de Pierre. D’autant plus qu’elle apporte une précision non négligeable : c’est à mon proche, que j’aurai à pardonner encore

Car ce sont nos proches qui le plus souvent nous agacent. Et les rancoeurs s’installent…

Pour répondre à l’injonction de Jésus, il faut donc toute une ascèse !

Ascèse, c’est-à-dire « exercice ».

Puisque le pardon réclame du temps et des efforts !

Trop souvent, il paraît impossible.

Trop souvent, on rechigne à l’accorder, quand même on n’a à pardonner que de simples écorchures.

Oui, l’acte de pardonner prend du temps.

Pour toucher le fond de notre cœur, où réside, toute-puissante et cependant désarmée, la tendresse de Dieu, il devra traverser tous les étages de notre psychisme.

Et comme le pardon est fruit de la grâce, notre réponse ne pourra-t-elle pas être

… « Oui, Seigneur, je veux pardonner, viens à mon aide » ?

„Tout ce que nous pouvons, c’est nous installer dans la miséricorde de Dieu.

Comme sous la pluie.”

Cardinal Danneels

Dieu n’est pas à vendre

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-25. 

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

D’un commentaire du P. J. Marcotte, dominicain à Montréal

Au temple de Jérusalem, Jésus constate qu’on a fait de la religion juive, de l’alliance de Dieu avec son peuple, une affaire commerciale. Tu me donnes et moi je te donne. Du donnant, donnant avec Dieu. Comme si on achetait le bon Dieu. Or on n’achète pas Dieu. Il n’est pas à vendre. Le culte n’est pas là pour apprivoiser Dieu, le tirer de notre bord, obtenir ses faveurs, pour marchander avec lui. Avouons que c’est là notre tentation depuis longtemps. Que de fois avons-nous pensé que plus nous en faisons pour Dieu plus il nous récompensera, plus il fera attention à nos demandes. En faire toujours un peu plus pour le gagner en notre faveur. Et ça, c’est très fatiguant pour nous et c’est fatiguant aussi pour Dieu.

Jésus est venu nous faire voir les choses autrement. Il vient nous révéler un Père qui nous aime et à qui il suffit qu’à notre tour nous l’aimions comme notre Père et que nous aimions ce qu’il aime, que nous fassions comme lui.  Notre foi est une foi dans l’amour du Père révélé en son Fils. Notre culte devient non plus un rapport commercial avec Dieu, mais une action de grâce, une réponse d’amour à l’amour premier du Père.

Plus besoin dès lors de ce temple de pierres et des milliers de sacrifices d’animaux, plus besoin de nos mortifications accumulées et de nos prières en pile, mais seulement l’accueil généreux du don de Dieu, de son Esprit Saint qui nous est donné avec la personne du Fils qui nous recueille en lui – comme en un temple saint – pour offrir au Père la louange et la charité parfaite. Bien sûr que tout cela implique de notre part l’imitation du Fils et de son Père, dans une vie donnée, une vie offerte, une vie toute consacrée à la charité, à la justice, à la communion avec tous nos frères et sœurs. Et cela, ce n’est pas de tout repos!

Mais quelle liberté nouvelle!  Quelle libération aussi! Quelle purification de nos cœurs! Quel sens nouveau prennent toutes nos actions, que nous accomplirons désormais en référence avec l’ordre nouveau venu de Pâques : tout en celui qui est mort et ressuscité pour nous.

Carême

Le lundi de la 2e semaine de Carême

Livre de Daniel 9,4-10.

Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. 
Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays. 
À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. 
Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. 
Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,36-38.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. 
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Commentaire du jour :

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité 
„Je suis habitée par le sentiment que sans cesse, partout, est revécue la Passion du Christ. Sommes-nous prêts à participer à cette Passion ? Sommes-nous prêts à partager les souffrances des autres, non seulement là où domine la pauvreté mais aussi partout sur la terre ? Il me semble que la grande misère et la souffrance sont plus difficiles à résoudre en Occident. En ramassant quelqu’un d’affamé dans la rue, en lui offrant un bol de riz ou une tranche de pain, je peux apaiser sa faim. Mais celui qui a été battu, qui ne se sent pas désiré, aimé, qui vit dans la crainte, qui se sait rejeté par la société, celui-là éprouve une forme de pauvreté bien plus profonde et douloureuse. Et il est bien plus difficile d’y trouver un remède. 

Les gens ont faim de Dieu. Les gens sont avides d’amour. En avons-nous conscience ? Le savons-nous ? Le voyons-nous ? Avons-nous des yeux pour le voir ? Si souvent, notre regard se promène sans se poser. Comme si nous ne faisions que traverser ce monde. Nous devons ouvrir nos yeux, et voir.”

No Greater Love