Homélie pour le 19e Dimanche T.O. (B)

On aimerait que la Parole soit plus claire et plus simple ce matin. Le long discours sur le pain de vie qui nous occupe sur plusieurs dimanches a l’air de nous répéter toujours les mêmes choses.

via Homélie pour le 19e Dimanche T.O. (B) — Spiritualité 2000

Reclame

« Là où je suis, là aussi sera mon serviteur »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,24-26.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, P

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Votre foi reconnaît, mes frères, ce grain tombé en terre, ce grain que la mort a multiplié. Votre foi le reconnaît parce qu’il habite en vos cœurs. Aucun chrétien n’hésite à croire ce que le Christ a dit de lui-même. Mais une fois que ce grain est mort et s’est multiplié, beaucoup de grains ont été jetés dans la terre. Saint Laurent est l’un d’entre eux, et nous célébrons aujourd’hui le jour où il a été semé. Nous voyons quelle moisson immense a surgi de tous ces grains répandus par toute la terre, et ce spectacle nous comble de joie, si toutefois, par la grâce de Dieu, nous appartenons à son grenier.
Car tout ce qui fait partie de la moisson n’entre pas dans le grenier : la même pluie, utile et féconde, fait croître le bon grain et la paille, mais on ne les engrange pas tous les deux dans le grenier. C’est maintenant pour nous le temps de choisir…

Écoutez-moi donc, grains sacrés, car je ne doute pas qu’ils ne soient ici en grand nombre… Écoutez-moi, ou plutôt, écoutez en moi celui qui, le premier, s’est appelé le bon grain.

N’aimez pas votre vie en ce monde. Si vous vous aimez vraiment, n’aimez pas votre vie ainsi, et alors vous sauverez votre vie… « Celui qui aime sa vie en ce monde la perdra. » C’est le bon grain qui le dit, le grain qui a été jeté en terre et qui est mort pour porter beaucoup de fruit.

Écoutez-le, parce que ce qu’il dit il le fait. Il nous instruit, et il nous montre le chemin par son exemple.

Le Christ ne s’est pas attaché à la vie de ce monde ; il est venu en ce monde pour se dépouiller de lui-même, pour donner sa vie et la reprendre quand il le voudrait…

Il est le vrai Dieu, ce vrai homme, homme sans péché pour ôter le péché du monde, revêtu d’une puissance si grande qu’il pouvait dire en vérité : « J’ai le pouvoir de donner ma vie et le pouvoir de la reprendre. Personne ne peut me l’enlever : c’est moi qui la donne et moi qui la reprends » (Jn 10,18).

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 305

„Pourquoi as-tu douté?”

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,22-36

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


« Pourquoi as-tu douté ? »

Celui dont le cœur est fondé sur l’espérance de la foi ne manque jamais de quoi que ce soit. Il n’a rien, mais par la foi il possède tout, comme il est écrit : « Ce que vous demanderez dans la prière et la foi, vous le recevrez » et « Le Seigneur est proche, ne vous souciez de rien » (Mt 21,22 ; Ph 4,5-6)
L’intellect est toujours à la recherche de moyens qui lui permettent de garder ce qu’elle a acquis ; mais la foi dit que « si le Seigneur ne bâtit pas la maison ni ne la garde, celui qui garde a veillé en vain et celui qui bâtit a travaillé pour rien » (Ps 126,1). Jamais celui qui prie dans la foi ne vit simplement de la connaissance intellectuelle. Ce savoir-là fait l’éloge de la crainte ; un sage a dit : « Celui qui craint dans son cœur est bienheureux ». Mais que dit la foi ? « Quand il a commencé à avoir peur, il se mit à enfoncer. » Et encore : « Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit de fils adoptifs, qui vous donne la liberté de la foi et de l’espérance de Dieu » (Rm 8,15-24).
Toujours le doute suit la peur… ; toujours la peur et le doute se manifestent dans la recherche des causes et l’examen des faits, car l’intellect n’atteint jamais son apaisement. L’âme est souvent exposée aux imprévus, aux difficultés, aux pièges nombreux qui la mettent en péril, mais ni l’intellect ni les différentes formes de la sagesse ne peuvent l’aider en rien. Par contre la foi n’est jamais vaincue par aucune de ces difficultés… Vois-tu la faiblesse de la connaissance, et la puissance de la foi ? … La foi dit : « Tout est possible à celui qui croit. Car rien n’est impossible à Dieu. » (Mc 9,23 ; 10,27) Ô richesse ineffable ! Ô mer qui porte une telle richesse dans ses vagues, dans ses trésors merveilleux dont elle déborde par la puissance de la foi !
Isaac le Syrien (7e siècle)

„L’autre rive”

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COMMENTAIRE pour le 18e dimanche TO, sur Jean 6, 24-35

« L’ayant trouvé sur l’autre rive… » C’est d’une traversée du lac qu’il est d’abord question aujourd’hui dans l’évangile. Les gens s’activent et se démènent à la recherche de Jésus, lui qui a bien l’air de vouloir leur échapper. Il les a pourtant nourris dans l’abondance du signe des pains, nous en avons parlé dimanche dernier. Ce Jésus, ils le cherchent. Ils en veulent encore. Or c’est de l’autre côté du lac que finalement ils le trouveront.

Cette traversée qu’il leur a fallu vivre pour trouver le Seigneur nous en dit beaucoup sur notre condition présente. Nous sommes en transitvers le Seigneur. Nous avons un passage à faire pour trouver avec lui le vrai bonheur, pour que s’assouvissent nos faims et nos soifs profondes en sa présence. Un effort de clarification, de purification de nos intentions s’impose pour que nous en arrivions à travailler pourtant, dès maintenant, dès ici-bas, à l’œuvre de Dieu qui s’accomplit dans le Christ, l’envoyé du Père.

Bien sûr, c’est d’abord le besoin d’un pain et d’une boisson physiques qui nous fait bouger et risquer l’aventure de la vie. Nous sommes toujours un peu pareils à ces migrants extrêmes – dont les nouvelles nous parlent si souvent – et qui se font même cascadeurs pour traverser la Méditerranée et rejoindre l’Europe de leur rêve au péril même de leur vie.  Ils risquent le tout pour le tout vers ce rendez-vous quasiment impossible. C’est là-bas que le bonheur les attend, pensent-ils. Là-bas qu’ils trouveront enfin sécurité et confort.

L’Évangile de ce dimanche nous révèle que Jésus ressuscité nous attend sur l’autre rive, avec son Église qui l’accompagne, au pays de la vie nouvelle, du Royaume. Nous comprenons que notre avenir et la vraie vie sont là.

Ce dont Jésus nous parle ouvertement, c’est d’un aliment insoupçonné que le Père nous offre, le pain annoncé depuis longtemps, le don du Père qui ne nous décevra pas si nous le cherchons vraiment, pour l’accueillir sincèrement. Mais Jésus dénonce d’abord l’ambiguïté de notre quête. Il nous rappelle qu’il nous faut désirer ce pain-là, le vouloir, y croire vraiment, risquer même une longue traversée pour l’obtenir et le tenir dans nos mains, dans nos cœurs.

Nos préoccupations sont si souvent terre-à-terre. De fait, nous trimons dur pour vivre et tenir la route. Mais, au milieu des épreuves, nous risquons d’être tristes et déçus et sans avenir si nous nous limitons à poursuivre uniquement les biens terrestres. Ce serait dommage d’en rester à ce seul niveau d’un monde dur et sans âme, injuste et sans amour avec lequel nous nous retrouvons chaque jour.

La Parole de Dieu nous propose d’entrer dans un nouveau régime, celui où nous introduit la foi en un Dieu d’amour et de miséricorde, par l’accueil du don de son Fils, non pas comme des paresseux qui n’auraient qu’à se laisser nourrir de lui, à se faire vivre par lui, mais comme des croyants, des travailleurs de la foi qui font cause commune avec le Christ, qui deviennent avec lui, comme lui un pain qui nourrit et qui sauve le monde.

« Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé, écrit Saint Paul. Adoptez le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité à l’image de Dieu. »  S’ouvre alors devant nous un vaste chantier, pour une œuvre de justice et d’amour, de partage et de communion, de liberté et de paix pour tous. De quoi retrousser nos manches chaque jour. Dieu nous convie à ce travail avec lui. Il nous en donne ressource en son Fils.”

Par fr Jacques Marcotte, op, site Spiritualite 2000

Homélie pour le 16e Dimanche T.O. (B)

Les apôtres reviennent de leur 1ère mission. Ils sont allés, on s’en souvient, fidèles aux consignes de leur maître, deux par deux, avec rien, dans tous les villages et autres coins du pays.

via Homélie pour le 16e Dimanche T.O. (B) — Spiritualité 2000

„Qui vous accueille M’accueille”

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


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Saint Vincent de Paul (1581-1660)
prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretien aux Filles de la Charité

Dieu prend soin de ceux qui prennent soin des pauvres

Un autre moyen de rester fidèle, mes filles, c’est un détachement parfait de père, de mère, des parents et des amis, de sorte que vous ne soyez qu’à Dieu seul. Et pour avoir ce grand bien, il faut se dépouiller de tout et n’avoir rien en propre. Les apôtres avaient ce détachement. Pour un écu, vous en aurez cent ; autant de dames, autant de mères ; de sorte, mes filles, que la Providence jamais ne vous manquera. N’auriez-vous point le courage de vous donner à Dieu, qui pense tant à vous ? Ne prétendez point vous réserver quelque chose pour votre subsistance ; fiez-vous toujours en la Providence. Les riches peuvent tomber en nécessité par les accidents qui arrivent souvent, mais jamais ceux qui veulent dépendre entièrement de Dieu ne seront en pauvreté.
N’est-il pas bon de vivre ainsi, mes filles ? Qu’y a-t-il à craindre ? Car Dieu a promis que les personnes qui auront soin des pauvres ne manqueront jamais de rien. Mes filles, n’aimeriez-vous pas mieux les promesses de Dieu que les tromperies du monde ? Dieu s’est obligé à pourvoir à tous nos besoins.