L’Agneau sans défaut et sans tache — Spiritualité 2000

HOMÉLIE DE MÉLITON DE SARDES SUR LA PÂQUE Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. C’est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui…

via L’Agneau sans défaut et sans tache — Spiritualité 2000

„INNOCENCE CRUCIFIÉE”

Une méditation de l’Equipe Evangile@Peinture

„Écoutons cette passion. Elle s’ouvre avec le bruit des armes qui viennent chercher Jésus. Pas la moindre fuite. Au contraire. Il s’avance, eux reculent… et tombent en arrière.  Jésus fait taire la violence qui croit l’emmener prisonnier.

Pierre va quant à lui se risquer à s’avancer dans le palais du grand-prêtre, mais la peur va prendre le dessus. Il se perd en reniant Jésus par trois fois. Pilate, lui aussi laisse la peur le gouverner malgré le témoignage de sa conscience qui reconnaît en Jésus l’innocent livré aux mains des puissants. Nous voyons l’impossible procès de l’innocent où la justice prend la fuite, les faux-semblants éclatent, les désirs de mort avoués, les stratégies dévoilées.

Écoutons les cris et les vociférations.
Jésus laisse chacun à cette conscience et porte le poids des conséquences qu’il assume plus que tous ceux qui le condamnent et veulent sa mort. C’est l’humiliation qui est le marchepied de la croix. On croit réduire la vérité au
silence. Mais sur la croix, son humanité clouée n’en finit pas de parler d’amour.

Voici ton fils. Voici ta mère. 

Tendresse ultime. Celle-là ne fait pas beaucoup de bruit. Elle est ce testament semé qui investit le coeur de ceux qui n’ont pas déserté. Jésus mort n’est plus qu’un corps, mais son amour a fait son chemin dans le coeur de quelques-uns qui viennent en prendre soin. Évangile en silence.
Beaucoup de bruit aujourd’hui dans cette passion. Pourtant une force et une évidence. La force, c’est que les événements ne créent rien.

Tout ce qui concerne Jésus était écrit. Tout ce qui était fomenté par les détracteurs de Jésus était annoncé. Rien de neuf. Leur liberté est au service de quelque chose de plus grand qu’eux. Sans le savoir, ils participent à l’accomplissement des Écritures.

L’évidence est donc celle d’une mort qui scelle une victoire. Le pouvoir du mal ne crée rien par lui-même qui ne soit contenu dans ce pouvoir plus grand de l’amour. Tout est assumé, épousé, transformé. Le pouvoir est là. Dans le fait de choisir l’inchoisissable. Le mal est dessaisi de toute prise. Il ne reste que l’amour à l’œuvre dans les coeurs qui l’ont reçu.
Soyons donc de ceux qui choisissent d’embrasser ce que le monde porte d’obscurités pour lui ôter son pouvoir et vaincre chaque jour par l’amour et sa violence qui est tendresse.”

Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile@Peinture

„Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu”

La crucifixion ;  Hans MEMLING ; 1491 huile sur bois ;  Musée des Beaux arts, Budapest

« Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu. » (Jn 1,1) Il est identique à lui-même ; ce qu’il est, il l’est toujours ; il ne peut changer, il est l’être.

C’est le nom qu’il fit connaître à son serviteur Moïse : « Je suis celui qui suis » et « Tu diras : Celui qui est, m’a envoyé » (Ex 3,14)…

Qui peut le comprendre ? Ou qui pourra parvenir à lui –- à supposer qu’il dirige toutes les forces de son esprit pour atteindre tant bien que mal celui qui est ? Je le comparerai à un exilé, qui de loin voit sa patrie : la mer l’en sépare ; il voit où aller, mais n’a pas le moyen d’y aller. Ainsi nous voulons parvenir à ce port définitif qui sera nôtre, là où est celui qui est, car lui seul est toujours le même, mais l’océan de ce monde nous coupe la voie…

Pour nous donner le moyen d’y aller, celui qui nous appelle est venu de là-bas ; il a choisi un bois pour nous faire traverser la mer : oui, nul ne peut traverser l’océan de ce monde que porté par la croix du Christ. Même un aveugle peut étreindre cette croix ; si tu ne vois pas bien où tu vas, ne la lâche pas : elle te conduira d’elle-même.

Voilà mes frères ce que j’aimerais faire entrer dans vos cœurs : si vous voulez vivre dans l’esprit de piété, dans l’esprit chrétien, attachez-vous au Christ tel qu’il s’est fait pour nous, afin de le rejoindre tel qu’il est, et tel qu’il a toujours été.

C’est pour cela qu’il est descendu jusqu’à nous, car il s’est fait homme afin de porter les infirmes, de leur faire traverser la mer et de leur faire aborder dans la patrie, où il n’est plus besoin de navire parce qu’il n’y a plus d’océan à passer.

À tout prendre, mieux vaudrait ne pas voir par l’esprit celui qui est, mais embrasser la croix du Christ, que le voir par l’esprit et mépriser la croix.

Puissions-nous, pour notre bonheur, à la fois voir où nous allons et nous cramponner au navire qui nous emporte… ! Certains y ont réussi, et ils ont vu ce qu’il est. C’est parce qu’il l’a vu que Jean a dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était face à Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ils l’ont vu ; et pour parvenir à ce qu’ils voyaient de loin, ils se sont attachés à la croix du Christ, ils n’ont pas méprisé l’humilité du Christ.

Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermons sur l’évangile de saint Jean

Vendredi Saint, 2019

Lettre aux Hébreux 4,14-16.5,7-9.

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42.

En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».
Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »
Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là.
Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » Il répondit : « Non, je ne le suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. »
À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »
Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. »
Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »
Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »
Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : ‘Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.’ C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’
Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus lave les pieds des disciples, évangile de ce Jeudi Saint

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

La charité ou le nom même de Dieu

Dieu est charité (1 Jn 4, 8). Et celui qui entreprendrait de le définir serait un aveugle voulant compter les grains de sable de la mer.
La charité quant à sa nature, est une ressemblance avec Dieu, pour autant qu’il est possible aux mortels de lui ressembler ; quant à son activité, c’est une ivresse de l’âme ; quant à sa vertu propre, c’est la source de la foi, un abîme de patience, un océan d’humilité.
La charité est avant tout le rejet de toute pensée d’inimitié, car la charité ne pense pas le mal. La charité, l’impassibilité et l’adoption filiale ne se distinguent que par le nom. Comme la lumière, le feu et la flamme concourent à un seul effet, il en est de même pour ces trois réalités.
Celui qui a parfaitement uni à Dieu sa sensibilité profonde est initié par lui au mystère de ses paroles ; mais sans cette union, il est difficile de parler de Dieu.
Si le visage d’un être aimé produit dans tout notre être un changement manifeste et nous rend joyeux, gais et insouciants, que ne fera pas la face du Seigneur dans une âme pure quand il viendra y demeurer. (De Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)
moine au Mont Sinaï, L’Échelle sainte)

LA LAVANDA DEI PIEDI di Sieger Köder

Lavanda dei piedi – Gv 13. Sul dipinto vediamo Gesù e Pietro che s’inchinano profondamente l’uno verso l’altro. Gesù è inginocchiato, quasi prostrato davanti a Pietro in un gesto assoluto, non si vede nemmeno il suo volto. In questo momento Gesù è soltanto servizio per quest’uomo davanti a lui. E così vediamo il suo volto rispecchiato nell’acqua, sui piedi di Pietro.

Pietro s’inchina verso Gesù. La sua mano sinistra ci parla di rifiuto: “Tu Signore vuoi lavare i piedi a me?” (Gv 13,6). La sua mano destra e il suo capo, in contrasto, si appoggiano con tutto il loro peso sulla spalla di Gesù. Pietro non guarda al Maestro, non può vedere neppure il suo volto che appare nel catino.

Nel Vangelo di Giovanni Gesù risponde alla domanda esitante di Pietro: “Quello che faccio tu ora
non lo capisci ma lo capirai dopo” (Gv 13,7). E’ questa parola che si rispecchia nell’immagine. Adesso, in questa situazione, non conta il capire ma l’incontro, l’accettare un’esperienza. Il corpo di Pietro è un corpo che vive un processo, un incontro dalla testa ai piedi, una persona che scopre il suo bisogno di essere lavato, una persona che scopre allo stesso tempo la sua dignità. Sono bisognoso che il Maestro mi lavi i piedi, sono degno che lui mi lavi i piedi…

Di conseguenza non è il volto di Gesù che è al centro dell’immagine, ma il volto luminoso di Pietro sul quale si riflette il segno della dignità riacquistata. Lo sguardo di Pietro è diretto verso i piedi di Gesù. Questi piedi sono smisurati, soltan-to all’occhio di chi guarda l’immagine. Dallo sguardo di Pietro ci lasciamo condurre a questi piedi e scopriamo con lui che nell’esperienza che sta vivendo, intuisce una chiamata ad un servizio. “Vi ho dato l’esempio, perché come ho fatto io, facciate anche voi”. (Gv 13,15).

Pietro capisce in questo momento che il suo impegno sarà quello di ripetere gli stessi gesti di Gesù, non solo verso di lui, ma anche verso ogni fratello, verso il corpo di Cristo, il suo corpo ecclesiale. Dietro i personaggi, vediamo sul tavolo un calice con il vino e un piatto con il pane spezzato, elementi non relegati sullo sfondo, ma avvicinati all’evento che si vive al centro dell’immagine. La luce che emana il vestito di Gesù si riflette pure sull’angolo della tovaglia. C’è anche l’ombra delle due persone che abbraccia questi segni dell’Eucaristia, si tratta di un unico incontro.

E’ la stessa luce che illumina pane e vino, le mani e i piedi del discepolo e del Maestro. E’ la luce della fedeltà di Dio alla sua alleanza, la luce dell’abbandono di Gesù nelle mani del Padre, la luce della salvezza. Il pittore, Sieger Köder, utilizza spesso il blu come colore della trascendenza. Il tappeto blu contrasta con i colori marroni, i colori della terra, che predominano nell’immagine. Il tappeto blu indica che il cielo si trova ora sulla terra, lì dove si vive il dono di sè per l’altro. L’immagine ci dice: se noi cristiani stiamo cercando il volto di Cristo, dobbiamo lasciarci condurre ai piedi degli altri, impegnarci in un servizio che riconosce la dignità, che accetta il bisogno dell’altro. Ma come vivere questo servizio senza offendere l’altro, se non lasciandoci lavare da una mano amica i propri piedi, riconoscendoci bisognosi? Là dove due corpi si intrecciano nel dare e nel ricevere si costruisce il corpo di Cristo, si inizia a capire che cos’è l’Eucaristia

Joia Mare si sfânta, Cina

Dintr-o predica a p. Pierre-Marie DELFIEUX

„Prin aceasta am recunoscut dragostea lui Dumnezeu pentru noi: Isus Hristos Domnul nostru şi-a dat viaţa pentru noi” (1 In 3,16).

Este suprema lumină asupra adevărului.

Dacă Dumnezeu este Dumnezeu – vom fi cu toţi de acord – el nu poate fi decât dragoste şi infinit. Iar Isus a trăit, sub ochii noştri, infinitul acestei iubiri. Deci, este Dumnezeu! Un Dumnezeu ce s-a făcut om, şi nu a pregetat să guste moartea omenească, pentru ca omul, prin această iubitoare comuniune, să se îndumnezeiască la rândul lui.

Ne putem întreba, fiecare din noi, dacă suntem dispuşi să credem în măreţia unei asemenea Iubiri, în măreţia omului, pe care sacrificiul suprem al lui Isus o pune atât de pregnant în lumină. 

Contemplarea Joii Sfinte ne ajută, înainte de toate, să identificăm cotitura oricărei vieţi spirituale, ce are loc atunci când omul ajunge să zică, împreună cu apostolul Paul: „Domnul m-a iubit şi s-a dat pentru mine” (Gal 2,20). Într-atât e de adânc săpată iubirea lui în fiecare suflet care a simţit aceasta, încât nu putem să nu răspundem acestei iubiri, punându-ne în el întreaga nădejde.

Revenind la cadrul sărbătoresc al Cinei, să ne oprim aşadar la momentul când Isus începe să spele picioarele ucenicilor şi să le şteargă cu ştergarul cu care era încins. În afară de faptul că gestul era neobişnuit, pentru că, dacă avea loc frecvent înainte de masă, nu se făcea decât rar în timpul mesei, există aici ceva care la început ne scapă. Pentru că cel care împlineşte acest rit o face cu o solemnitate liniştită şi o maiestate ce ne deschid închinării şi contemplaţiei. Pentru că cel care acţionează astfel nu e altcineva decât Hristos, Fiul Dumnezeului celui viu (Mt 16,16)!

E lesne de înţeles reacţia lui Petru, care mai întâi se miră, apoi chiar se revoltă.

Să nu sărim nici noi în sus. De două mii de ani încoace, ne-am obişnuit poate prea mult cu atitudinile de slujire, de compasiune, de solicitudine, pe care cu atâta drag le ia Dumnezeu când se apropie de noi.  Şi totuşi…

Cele petrecute în Joia mare pot stârni o legitimă uluire.

Dumnezeu, Dumnezeul nostru, „marele Dumnezeu şi Mântuitorul nostru Isus Hristos” (Tit 2,13) este printre noi, şi nu în picioare, ci îndoit, în genunchi, cu capul plecat, la picioarele noastre! Nu doar aşezat la aceeaşi masă cu noi, ci realmente pe jos!

Cine suntem noi oare, pentru ca să fi binevoit un Dumnezeu să ne slujească astfel?

Cine poate cuprinde cu gândul imensitatea divinei milostiviri arătate prin acest gest?

„Ceea ce fac eu tu nu înţelegi acum, dar vei înţelege după aceasta” (In 13, 7).

În imensitatea fără margini a acestui  „har revărsat cu prisosinţă asupra celor mulţi” (Rom 5,15) se ascunde ceva atât de măreţ şi de durabil, încât nu ajunge o viaţă ca s-o descoperi deplin.

Vom plânge cândva de emoţie şi de recunoştinţă, aflând…!

Dacă am fi în stare să primim de pe acum darul lui Dumnezeu, ni s-ar dărui, tot de pe acum, şi puterea de a „înţelege împreună cu toti sfinţii care este lărgimea şi lungimea, înălţimea şi profunzimea şi să cunoaştem iubirea fără de margini a lui Hristos care întrece orice cunoaştere” (Ef 3,18-19)!

Întreaga semnificaţie a evenimentelor din Joia Mare ne va apare, ca şi lui Petru, în lumina Marii si Sfintei Vineri. Astăzi, Isus se ridică, îşi leapădă tunica, se încinge cu un ştergar…

Trei gesturi care spun: înaintare, dezgolire, slujire. Mâine va urca Drumul Crucii, va fi despuiat de haine, şi-şi va dărui, pe Cruce, trupul şi sângele pentru ca noi să fim iertaţi.

Câtă luciditate, ce supremă libertate, ce victorie asupra oricărei angoase, în felul în care Isus a trăit ultima Cină, în care totul se preface în iubire oferită şi împărtăşită, adică în Euharistie!

„Dacă nu te spăl, nu vei avea parte cu mine!” (In 13,8)

Răspunsul lui Petru (13, 9) e firesc. În cugetul lui începe să se înfiripe convingerea că numai Domnul îl poate „spăla”, adică numai de la Domnul pot veni tămăduirea, sfinţirea, mântuirea (21,7). Şi totuşi, cu toată credinţa sa fierbinte şi dorinţa de a-l urma pe Isus, nu-l va putea urma până la capăt, pe Calvar…

La rândul nostru, să-l lăsăm pe Hristos să ne spele, în întregime!

Nu avem de ce păstra în adâncul conştiinţei noastre zone întunecate, pătate, răni nevindecate, şi greutatea întregului nostru păcat!

Nu suntem în stare să purtăm aşa ceva!

Iar Isus a venit printre noi anume ca să ne izbăvească. Vrea să ne vindece, să ne spele, să ne aducă uşurare (Mt 11,28).

E însă nevoie de smerenie, pentru a te lăsa iertat, acceptând ca iubirea divină să te spele. În acest punct, dragi fraţi şi surori, mântuirea depinde de noi. Căci Dumnezeu poate orice, dar nu poate şi nu vrea să-l silească pe om să-l iubească.

Oare te voi lăsa să aştepţi mult, Doamne, înainte de a mă lăsa în seama milei şi a prieteniei tale?

„După ce le-a spălat picioarele, şi-a luat hainele, s-a aşezat iarăşi la masă…” (In 13,12)

E o anticipare a celor ce se vor petrece în cea de-a opta zi, după odihna Marelui Sabat, când Isus se va ridica, se va înveşmânta în „gloria pe care o avea la Tatăl, înainte să fi fost lumea” (In 17,5) şi se va aşeza iar la masă cu ai săi, împărţind cu ei pâine şi peste. Ridicarea aceasta din morţi (1 Petr 3,21), Petru o va vesti de aici înainte călătorind neobosit, de la Ierusalim la Roma, trecând prin Ioppe, Cezareea şi Antiohia (Fap 2, 24; 3, 15; 4, 10; 10, 40).

Iată marele adevăr care ne priveşte personal pe fiecare.

Isus a dorit să ia asupra sa până şi moartea noastră. „Dar dacă am murit împreună cu Hristos, credem şi că vom trăi împreună cu el” (Rom 6, 8).

Moartea ruşinoasă pe cruce a celui care s-a făcut asemenea cu sclavii e de fapt cea a unui Domn, asupra căruia „moartea nu mai are nici o putere”. Iar „ piatra pe care au aruncat-o constructorii a devenit piatra unghiulară” (1 Pt 2, 7).

„Voi mă numiţi Învăţător şi Domn, şi bine spuneţi, pentru că sunt. Aşadar, dacă eu, Domnul şi Învăţătorul, v-am spălat picioarele, şi voi trebuie să vă spălaţi picioarele unii altora” (In 13, 13-14).

Gestul Domnului e acum limpede. Ceea ce s-a petrecut sub ochii noştri la Cina cea de taină nu a fost înfăptuit doar pentru a ne stârni admiraţia şi pentru a ne aduce o învăţătură.

Scopul este ca, la rândul nostru, să facem la fel şi noi. Sa ne facem folositori, slujind.

O slujire căruia Petru avea să-i dăruiască restul vieţii, după ce Hristos, de trei ori, îl va fi întrebat „Mă iubeşti?”, încredinţându-i  mioarele sale.

Cu alte cuvinte, iubirea de aproapele îşi capătă adevăratul înţeles şi adevăratele dimensiuni numai prin referirea la Isus. Numai recunoscând în celălalt, fie şi în cel mai neînsemnat (Mt 25), un alt Hristos, iubim cu adevărat.

Da, viaţa poate fi trăită aşa cum a făcut-o Petru, urmând pilda Mântuitorului.

Hristos ne dă o regula pentru viaţă, pentru că vrea să facă din noi „adoratori ai Tatălui, în duh şi adevăr” (In 4). Fii ai lui Dumnezeu cândva risipiţi (In 11, 52), adunaţi acum laolaltă, ca fraţi şi surori, spre a alcătui, sub privirea Tatălui, prin harul Duhului său, Trupul lui Hristos.

„Copii, să iubim nu numai cu vorba sau cu limba, ci cu fapta şi adevărul” (1 In 3, 18).

Mult mai mult decât un simplu gest, spălarea picioarelor ucenicilor de către Isus este un semn al Vieţii. Semnul unei iubiri pasionate, adevărat sacrament al carităţii.

Hristos nu e numai un ambasador al iubirii lui Dumnezeu, ci întruparea ei. Pentru ca la rândul nostru, mlădiţe ale lui Hristos, s-o aducem în lume, cântând-o şi împărtăşind-o.

„Ştiind acestea, fericiţi sunteţi dacă le faceţi”! (In 13,17)

Originalul: „Au soir du Jeudi, regard de Pierre sur le Christ”, Sources Vives no 91, p. 64-71. Copyright Fraternités Monastiques de Jérusalem

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La passion selon Adrienne von Speyr (2)

http://www.abbaye-saint-paul-wisques.com/spiritualite/adrienne-von-speyr/les-mysteres-de-la-passion-du-christ/

Le tome 3 des Oeuvres posthumes d’Adrienne von Speyr (= AvS) : La croix et l’enfer, n’est pas encore paru en traduction française (Kreuz und Hölle. I. Die Passionen = Nachlasswerke 3. – 423 pages. – Désormais = NB 3). Les pages qui suivent voudraient en donner un certain aperçu.

Ce volume traite d’un des thèmes centraux de la théologie d’Adrienne von Speyr : la Passion du Christ avec surtout le samedi saint… Le samedi saint et le « gouffre sans fond du problème de l’enfer »… Le samedi saint, « centre mystérieux entre croix et résurrection, et donc au fond centre de toute la Révélation et de toute la théologie » (Introduction de Hans Urs von Balthasar [= HUvB] NB 3, p. 9-10).

De 1941 à sa mort en 1967 , chaque année, pendant la semaine sainte et souvent dès le temps du carême, Adrienne von Speyr a participé aux souffrances du Seigneur Jésus pendant sa Passion. Le Père Balthasar a pu assister à cet événement où se dévoilait un panorama de souffrances infiniment varié : angoisse, honte, opprobres, humiliations, abandon de Dieu et, bien sûr, une somme inépuisable de souffrances physiques.

Depuis le Moyen Age, un certain nombre de mystiques ont pu éprouver des parcelles de cette Passion, des aspects toujours très limités en comparaison de la vraie Passion. Pour Adrienne von Speyr, chaque année, la Passion se terminait le vendredi saint vers trois heures de l’après-midi par un état semblable à la mort. Et bientôt après commençait, pour durer jusqu’aux premières heures du dimanche de Pâques, la « descente aux enfers » dont Adrienne donnait chaque année de longues descriptions… « Descriptions toujours semblables et cependant toujours nouvelles qui cernaient de tous les côtés le mystère insondable »… Pareille expérience du samedi saint « semble bien être unique dans l’histoire de la théologie ». (HUvB, AvS et sa mission théologique, p. 52-55).

Les premières années, le plus souvent, c’est après coup que le P. Balthasar mettait par écrit, de mémoire, ce qui avait été dit. Par la suite, le texte publié est la reproduction exacte des sténogrammes qu’il prenait lui-même pendant les scènes et les dictées. « Nulle part je n’ai complété, arrondi, omis. Le livre est chronique et document, c’est pourquoi il faut prendre son parti de certaines longueurs et de certaines répétitions. Certains passages paraîtront obscurs; c’est volontairement qu’ils n’ont pas été éclairés par des compléments ». (NB 3, p. 12).

Le P. Balthasar recommande enfin de ne jamais séparer les descriptions de La croix et l’enfer de l’ensemble des oeuvres d’Adrienne von Speyr. Toutes ses méditations bibliques et nombre de ses exposés sur différents thèmes de théologie et de spiritualité constituent avec La croix et l’enfer toute une théologie de la rédemption. « Plus on se plongera dans l’oeuvre entière, plus son unité deviendra évidente ». (NB 3, p. 14).

Patrick Catry

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