Une vision de Maria Valtorta : Les démoniaques gadaréniens

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Dans les évangiles : Mt 8,28-34 ; Mc 5,1-20 ; Lc 8,26-39

Matthieu 8,28-34

Comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin. Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.

Vision de Maria Valtorta

Jésus, après avoir traversé le lac du nord-ouest au sud-est, recommande à Pierre de débarquer près de Hippos. Pierre obéit sans discuter et descend en barque jusqu’à l’embouchure d’un torrent que les pluies de printemps et un récent orage ont rempli et rendu bruyant, et qui débouche dans le lac par une gorge resserrée et rocheuse comme toute la côte à cet endroit. Les employés attachent les barques – il y en a un par barque – et reçoivent l’ordre d’at­tendre jusqu’au soir pour le retour à Capharnaüm.

« Et soyez muets comme les poissons si l’on vous interroge, conseille Pierre. Si l’on vous demande où se trouve le Maître, répondez avec assurance : “ Je ne sais pas. ” La même chose si l’on veut savoir quelle direction il a prise. C’est la vérité : vous l’ignorez. »

On se sépare et Jésus entreprend la montée d’un sentier abrupt qui grimpe presque à pic sur le rocher. Les apôtres le suivent par ce chemin difficile jusqu’au sommet du rocher, qui s’adoucit en un plateau planté de chênes sous lesquels paissent de nombreux porcs.

« Ces animaux puants ! S’exclame Barthélemy. Ils nous empêchent de passer…

– Non, ils ne nous empêchent pas de passer. Il y a de la place pour tous » répond calmement Jésus.

D’ailleurs les gardiens, à la vue de juifs, cherchent à rassembler les porcs sous les chênes pour dégager le sentier. Les apôtres passent donc, en faisant mille grimaces, au milieu des ordures laissées par les animaux ; ceux-ci ont beau être bien gras, ils cherchent à grossir encore en fouillant le sol de leur groin.

Jésus est passé sans faire tant d’histoires, en disant aux gardiens du troupeau :

« Que Dieu vous récompense pour votre gentillesse. »

Les gardiens, de pauvres gens à peine moins sales que leurs porcs, mais en revanche infiniment plus maigres, le regardent avec étonnement et discutent. L’un d’eux dit :

« Mais n’est-ce pas un juif ? »

A quoi les autres répondent :

« Mais tu ne vois pas qu’il a des franges à son vêtement ? »

Les Douzes apôtres se réunissent, maintenant qu’ils peuvent avancer en groupe sur un petit chemin suffisamment large.

Le panorama est superbe. Surélevé de quelques dizaines de mètres à peine au-dessus du lac, il permet pourtant de dominer tout le miroir d’eau avec les villes éparses sur ses rives. En face de l’endroit où se trouvent les apôtres, Tibériade resplendit de toutes ses belles constructions. Juste au-dessous d’eux, au pied du rocher de basalte, la grève étroite ressemble à un petit coussin de verdure, alors que, sur la rive opposée, de Tibériade à l’embouchure du Jourdain, il y a une plaine plutôt large que les eaux du fleuve rendent marécageuse. Après avoir ralenti dans le lac paisible, le fleuve semble s’y attarder avant de reprendre sa course. Cette plaine est remplie de toutes sortes de plantes et de buissons particuliers aux marécages. On y voit toute une population d’oiseaux aquatiques aux couleurs bariolées comme s’ils étaient couverts de joyaux. On pourrait prendre cet endroit pour un jardin. Les oiseaux s’envolent des touffes d’herbe et des roseaux, s’élèvent au-dessus du lac, y plongent pour attraper un poisson, en ressortent encore plus merveilleux grâce à l’eau qui a ravivé les couleurs de leur plumage et reviennent vers la plaine fleurie sur laquelle le vent s’amuse à déplacer les couleurs.

Ici, au contraire, se trouvent des bois de très grands chênes sous lesquels l’herbe est douce et d’un vert émeraude. Au-delà de cette bande boisée, la montagne remonte après un vallon, en formant un mamelon abrupt et rocailleux sur lequel s’incrustent les maisons construites sur des terrasses rocheuses. Je crois que la montagne ne fait qu’un avec les constructions, offrant ses cavernes pour l’habitat, en un mélange de cité troglodytique et de ville ordinaire. C’est bien caractéristique, avec cette montée en terrasses grâce à laquelle le toit des maisons inférieures est au même niveau que l’entrée du rez-de-chaussée des maisons du plateau du dessus. Sur les côtés où la montagne est plus abrupte, abrupte au point d’interdire toute construction, il y a des cavernes, des excavations profondes et des sentiers escarpés qui descendent vers la vallée. Par forte pluie, ces sentiers doivent devenir autant de petits torrents capricieux. Des blocs de toutes sortes, entraînés dans la vallée par les alluvions, forment un piédestal chaotique à cette petite montagne si abrupte et si sauvage, bossue et impertinente comme un hobereau qui veut à tout prix qu’on le respecte.

« N’est-ce pas Gamla ? demande Simon le Zélote.

– Si, c’est Gamla. Tu connais ? dit Jésus.

– J’y suis passé comme fugitif, une nuit, il y a bien longtemps. Plus tard, la lèpre est venue et je ne suis plus sorti des tombeaux.

– On t’a poursuivi jusqu’ici ? demande Pierre.

– Je venais de Syrie où j’étais allé chercher refuge, mais ils m’ont découvert et seule la fuite en ces terres a empêché ma capture. Après, je suis descendu lentement – et toujours menacé – jusqu’au désert de Teqoa et de là, désormais lépreux, à la Vallée des Morts. La lèpre me sauvait de mes ennemis…

– Ces gens-là sont païens, n’est-ce pas ? demande Judas Iscariote.

– Presque tous. Quelques juifs pour le commerce et un mélange de croyants et de gens tout à fait incroyants. Ils ne se sont pourtant pas montrés mauvais envers moi, qui étais un fugitif.

– Un pays de bandits ! Quelles gorges ! S’exclament plusieurs.

– Oui. Mais, vous pouvez en être sûrs, il y a bien plus de bandits de l’autre côté, dit Jean encore sous le coup de la capture de Jean-Baptiste.

– De l’autre côté, il y a des bandits même parmi ceux qu’on qualifie de justes » ajoute son frère.

186.4 Jésus prend la parole :

« Et pourtant nous les approchons sans dégoût. Alors qu’ici vous avez fait des grimaces pour passer près des animaux.

– Ils sont impurs…

– Le pécheur l’est beaucoup plus. Ces bêtes sont faites ainsi et ce n’est pas leur faute. L’homme, au contraire, est responsable d’être impur par suite du péché.

– Alors pourquoi ont-ils été classés comme impurs pour nous ? demande Philippe.

– J’y ai déjà fait allusion. A cette classification, il y a une raison surnaturelle et une raison naturelle. La première, c’est d’enseigner au peuple élu la manière de vivre en ayant présent à l’esprit son élection et la dignité de l’homme, même dans une action banale comme celle de manger. Le sauvage se nourrit de tout. Il lui suffit de s’emplir le ventre. Le païen, même s’il n’est pas sauvage, mange également de tout, sans penser que la suralimentation fomente les vices et les tendances qui avilissent l’homme. Les païens cherchent même à arriver à cette frénésie du plaisir qui pour eux est presque une religion. Les plus cultivés parmi vous sont au courant des fêtes obscènes en l’honneur de leurs dieux, qui dégénèrent en une orgie de luxure. Le fils du peuple de Dieu doit savoir se maîtriser et, par l’obéissance et la prudence, se perfectionner lui-même en pensant à son origine et à sa fin : Dieu et le Ciel. La raison naturelle, d’autre part, enjoint de ne pas exciter le sang par des nourritures qui amènent à des élans passionnels indignes de l’homme. L’amour, même charnel, ne lui est pas interdit, mais il doit toujours le tempérer par la fraîcheur de l’âme qui tend au Ciel. Ce doit donc être l’amour et non la sensualité qui unit l’homme à sa compagne en qui il voit sa semblable et non une femelle. Mais les pauvres bêtes ne sont coupables ni d’être des porcs, ni des effets que la chair de porc peut à la longue produire dans le sang. Moins encore les hommes qui sont préposés à leur garde. S’ils sont honnêtes, quelle différence y aura-t-il dans l’autre vie entre eux et le scribe penché sur ses livres mais qui, malheureusement, n’y apprend pas la bonté ? En vérité je vous dis que nous verrons des gardiens de porcs parmi les justes et des scribes parmi les injustes. Mais qu’est-ce que ce fracas ? »

Tout le monde s’écarte du flanc de la montagne parce que des pierres et de la terre roulent et rebondissent sur la pente ; étonnés, ils regardent autour d’eux.

« Là-bas ! Là-bas ! Deux hommes… complètement nus… qui viennent vers nous en gesticulant. Des fous…

– Ou des possédés » répond Jésus à Judas, le premier à avoir vu les deux possédés venir vers Jésus.

Ils doivent être sortis de quelque caverne dans la montagne. Ils crient. Le plus rapide à la course se précipite vers Jésus. On dirait un étrange et gros oiseau déplumé tant il est rapide, brassant l’air de ses bras comme si c’étaient des ailes. Il s’abat aux pieds de Jésus en s’écriant :

« Te voilà ici, Maître du monde ? Qu’ai-je à faire avec toi, Jésus, Fils du Dieu très haut ? l’heure de notre châtiment est-elle déjà arrivée ? Pourquoi es-tu venu nous tourmenter avant l’heure ? »

L’autre possédé, soit que sa langue soit liée, soit que le démon le paralyse, ne fait que se jeter à plat ventre par terre et pleurer ; une fois assis, il reste comme inerte, jouant avec des cailloux et avec ses pieds nus.

Le démon continue de parler par la bouche du premier, qui se tord par terre en un paroxysme de terreur. On dirait qu’il veut réagir et ne peut qu’adorer, attiré et repoussé en même temps par la puissance de Jésus. Il crie :

« Je t’en conjure, au nom de Dieu, cesse de me tourmenter. Laisse-moi partir !

– Oui, mais hors de cet homme. Esprit immonde, sors de ces hommes et dis ton nom.

– Légion est mon nom, car nous sommes nombreux. Nous les possédons depuis des années et par eux nous brisons cordes et chaînes, et il n’est pas de force d’homme qui puisse nous résister. A cause de nous, ils sont une terreur et nous nous servons d’eux pour que les gens te blasphèment. Nous nous vengeons sur eux de ton anathème. Nous abaissons l’homme plus bas que les animaux pour qu’on se moque de toi. Il n’est pas de loup, de chacal ou d’hyène, pas de vautour ni de vampire semblables à ceux que nous tenons. Mais ne nous chasse pas. L’enfer est trop horrible !

– Sortez ! Au nom de Jésus, sortez ! »

Jésus a une voix de tonnerre, et ses yeux dardent des éclairs.

« Au moins, laisse-moi entrer dans ce troupeau de porcs que tu as rencontré.

– Allez. »

Avec un hurlement bestial, les démons quittent les deux malheureux et, à travers un tourbillon de vent qui fait ondoyer les chênes comme des herbes, ils s’abattent sur les porcs très nombreux. Les animaux se mettent à courir comme des possédés à travers les chênes avec des cris vraiment démoniaques. Ils se heurtent, se blessent, se mordent, et finalement se précipitent dans le lac lorsque, arrivés à la cime de la haute falaise, ils n’ont plus pour refuge que l’eau qu’elle domine. Pendant que les gardiens, bouleversés et désolés, hurlent d’épouvante, les bêtes se précipitent par centaines en une succession de bruits sourds dans les eaux tranquilles qu’ils brisent en des tourbillons d’écume. Ils coulent, reviennent à la surface, se retournent, montrant leurs panses rondes ou leurs museaux pointus avec des yeux terrifiés, et finalement se noient.

Les bergers courent en criant vers la ville.

Les apôtres, arrivés sur le lieu du désastre, reviennent en disant :

« Il n’y en a pas eu un seul de sauvé ! Tu leur as rendu un bien mauvais service ! »

Jésus répond calmement :

« Mieux vaut que périssent deux milliers de porcs qu’un seul homme. Donnez leur un vêtement. Ils ne peuvent rester comme ça. »

Simon le Zélote ouvre un sac et donne une de ses tuniques. Thomas donne la seconde. Les deux hommes sont encore un peu étourdis, comme s’ils sortaient d’un lourd sommeil plein de cauchemars.

« Donnez-leur à manger. Qu’ils recommencent à vivre en hommes. »

Pendant qu’ils mangent le pain et les olives qu’on leur a donnés et boivent à la gourde de Pierre, Jésus les observe.

Finalement, ils parlent :

« Qui es-tu ? interroge l’un.

– Jésus de Nazareth.

– Nous ne te connaissons pas, dit l’autre.

– Votre âme m’a connu. Levez-vous maintenant et rentrez chez vous.

– Nous avons beaucoup souffert, je crois, mais je ne me rappelle pas bien. Qui est celui-là ? demande celui que le démon faisait parler en désignant son compagnon.

– Je ne sais pas. Il était avec toi.

– Qui es-tu ? Et pourquoi es-tu ici ? » demande-t-il à son compagnon.

Celui qui était comme muet et qui est encore le plus inerte, répond :

« Je suis Démétrius. C’est Sidon, ici ?

– Sidon est au bord de la mer, homme. Ici, tu es de l’autre côté du lac de Galilée.

– Et pourquoi suis-je ici ? »

Personne ne peut donner de réponse.

Sur ces entrefaites, des gens arrivent, suivis des gardiens. Ils semblent apeurés et curieux. Quand ensuite ils voient les deux possédés habillés, leur stupeur augmente.

« Lui, c’est Marc de Josias ! Et celui-là, le fils du marchand païen !…

– Cet autre, c’est celui qui les a guéris et qui a fait périr nos porcs, car les démons qui étaient entrés en eux les ont rendus fous, disent les gardiens.

– Seigneur, tu es puissant, nous le reconnaissons. Mais tu nous as déjà fait trop de mal ! Un dommage de plusieurs talents. Va-t’en, nous t’en prions, que ta puissance ne fasse pas écrouler la montagne pour la plonger dans le lac. Va-t’en…

– Je m’en vais. Je ne m’impose à personne. »

Sans discuter, Jésus revient sur ses pas par le chemin qu’ils avaient parcouru. Le possédé qui parlait suit les apôtres. Derrière, à distance, plusieurs habitants de la ville surveillent s’il part réellement.

Ils reprennent le sentier escarpé et reviennent à l’embouchure du petit torrent, près des barques. Les habitants restent sur la berge à regarder. Le possédé délivré descend derrière Jésus.

Dans les barques, les employés sont épouvantés. Ils ont vu la pluie de porcs qui tombait dans le lac et regardent encore les corps qui surnagent en toujours plus grand nombre, toujours plus gonflés avec leurs panses arrondies à l’air et leurs courtes pattes raidies fixées comme quatre pieux sur une grosse vessie de lard.

« Mais qu’est-ce qui est arrivé ? demandent-ils.

– Nous allons vous le dire. Maintenant, détachez les amarres et partons… Où, Maître ? demande Pierre.

– Dans le golfe de Tarichée. »

L’homme qui les a suivis, maintenant qu’il les voit monter dans les barques, supplie :

« Prends-moi avec toi, Seigneur.

– Non, rentre chez toi. Ta famille a le droit de t’avoir avec elle. Parle-leur des grandes choses que le Seigneur a faites pour toi et rapporte-leur comment il a eu pitié de toi. Cette région a besoin de croire. Allume les flammes de la foi par reconnaissance pour ton Seigneur. Va. Adieu.

– Réconforte-moi au moins par ta bénédiction, afin que le démon ne me reprenne pas.

– Ne crains pas. Si tu ne le veux pas, il ne reviendra pas. Mais je te bénis. Va en paix. »

Les barques s’éloignent de la rive en direction est-ouest. Alors seulement, pendant qu’elles fendent les flots où flottent les cadavres épars des porcs, les habitants de la cité qui n’a pas voulu le Seigneur quittent la berge et s’en vont.

Ce qui importe, c’est la visite du Christ

 

Toile de Paul Leroy, 1882, musée de Rouen

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COMMENTAIRE sur l’évangile du 16e dimanche t.o.

Luc 10, 38-42: Marthe et Marie

par fr J. Marcotte, o.p. Montréal

Dimanche dernier, nous avions en lecture d’évangile la parabole du bon Samaritain. Nous avions alors, en S. Luc, le rappel du grand commandement de l’amour, l’amour de Dieu et du prochain. Le docteur de la loi voulant savoir qui était son prochain, la parabole lui donnait à découvrir de qui il devait lui-même se faire le prochain. À partir du cas extrême d’un pauvre homme laissé pour mort sur le bord du chemin, nous apprenions qu’il n’y a pas d’excuse, pas de barrière qui puisse nous justifier de ne pas secourir celui ou celle que nous voyons en détresse. Nous avons aussi compris que notre prochain par excellence, c’est le Christ lui-même qui, malgré toute la distance qui nous séparait de lui, est venu jusqu’à nous et a pris soin de nous alors que nous étions tous mal pris, en perdition, en urgent besoin d’être sauvés.

L’évangile d’aujourd’hui fait suite immédiate à cette parabole et il prolonge, on dirait, l’enseignement de Jésus sur le service du prochain. Cette fois nous avons une anecdote toute simple qui n’annonce d’abord rien de bien spécial. Un geste d’accueil et d’hospitalité. Marthe profite du passage de Jésus dans son village pour l’inviter chez elle. Quoi de plus normal et ordinaire? Pour Marthe, ça veut dire préparer le repas, faire tout le nécessaire pour que la réception soit réussie.  Pour Marie, sa sœur, ça veut dire autre chose : ce sera porter une attention bien personnelle à leur visiteur, se tenir tranquille près de lui, écouter sa parole. On comprend la protestation de Marthe devant l’attitude de sa sœur. Mais son intervention donne à Jésus l’occasion de centrer notre attention sur l’enjeu de sa présence au milieu de nous, sur ce qui est le plus important dans la vie du disciple : au cœur de nos préoccupations, il nous faut donner la priorité à l’écoute de la Parole du Seigneur. Tout le reste a sans doute son importance, mais notre lien avec la parole du Seigneur est toujours à privilégier. Et nous comprenons ainsi à la fin que lorsqu’on l’invite chez nous, c’est lui, le Seigneur, qui nous reçoit, lui qui nous met la table, lui qui nous donne ce dont nous avons le plus besoin. La meilleure part, c’est lui!

Il en a été ainsi, il y a bien longtemps, pour le patriarche Abraham et son épouse Sarah lors de la rencontre aux Chênes de Membré. Abraham a tout fait pour bien accueillir les mystérieux visiteurs venus à lui. Il a fait préparer un repas à ces hôtes de passage dans la plus pure tradition orientale de l’hospitalité. Et il est là tout ravi  auprès d’eux, leur donnant tout son temps. Et c’est alors qu’il reçoit l’annonce et la promesse de la naissance prochaine d’un fils alors même que son épouse Sarah et lui-même sont fort avancés en âge. D’où nous voyons que les visites du Seigneur dans nos vies sont à ne pas manquer et que c’est de lui que nous pouvons attendre la meilleure part et notre plus bel accomplissement.

En tout cela nous voyons finalement que ce qui importe pour chacun, chacune de nous : c’est la rencontre, la visite du Christ, comme nous le rappelle S. Paul dans la 2èmelecture. L’important, le cœur du Mystère qui nous est révélé, c’est le Christ au milieu de nous, lui, l’espérance de la Gloire.Paul y voit l’essentiel de sa mission : « Nous instruisons tout homme avec sagesse, écrit-il,afin d’amener tout homme, toute femme à sa perfection dans le Christ. »

N’est-ce pas la part que nous avons choisi en venant à l’eucharistie aujourd’hui, la part la meilleure que le Seigneur nous offre et qu’il nous donne : lui-même devenu notre repas, notre repos, Parole et Pain pour notre Vie.

Homélie pour le 16e Dimanche T.O. (C)

Un profet de demult: Ilie Tesviteanul/Eliahu ha Tishbi

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Cartea a treia a Regilor

traducerea ortodoxă
Instit. Biblic şi de Misiune

Capitolul 17

  1. Atunci Ilie Tesviteanul, prooroc din Tesba Galaadului, a zis către Ahab: „Viu este Domnul Dumnezeul lui Israel, înaintea Căruia slujesc au; în aceşti ani nu va fi nici rouă, nici ploaie decât numai când voi zice eu!”
  2. Şi a zis Domnul către Ilie:
  3. „Du-te de aici, îndreaptă-te spre răsărit şi te ascunde la pârâul Cherit, care este în faţa Iordanului.
  4. Apă vei bea din acel pârâu, iar mâncare am poruncit corbilor să-ţi aducă acolo!”
  5. Şi a plecat Ilie şi a făcut după cuvântul Domnului; s-a dus şi a şezut la pârâul Cherit, care este în faţa Iordanului.
  6. Corbii îi aduceau pâine şi carne dimineaţa, pâine şi carne seara; iar apă bea din pârâu.
  7. După o vreme pârâul a secat, nemaifiind ploaie pe pământ.
  8. Atunci a fost cuvântul Domnului către Ilie, zicând:
  9. Scoală şi du-te la Sarepta Sidonului şi şezi acolo, căci iată am poruncit unei femei văduve să te hrănească!
  10. Şi s-a sculat el şi s-a dus la Sarepta. Şi când a ajuns la porţile cetăţii, iată o femeie văduvă aduna vreascuri şi a chemat-o Ilie şi i-a zis: „Adu-mi puţină apă ca să beau! „
  11. Şi s-a dus ca să-i aducă, dar Ilie a strigat-o şi i-a zis: „Adu-mi şi o bucată de pâine să mănânc!”
  12. Ea însă a zis: „Viu este Domnul Dumnezeul tău, n-am nici o fărâmitură de pâine, ci numai o mână de făină într-un vas şi puţin untdelemn într-un urcior. Şi iată, am adunat câteva vreascuri şi mă duc să o gătesc pentru mine şi pentru fiul meu şi apoi să mâncăm şi să murim!”
  13. Atunci i-a zis Ilie: „Nu te teme, ci du-te şi fă cum ai zis; dar fă mai întâi de acolo o turtă pentru mine şi adu-mi-o, iar pentru tine şi pentru fiul tău vei face mai pe urmă.
  14. Căci aşa zice Domnul Dumnezeul lui Israel: Făina din vas nu va scădea şi untdelemnul din urcior nu se va împuţina până în ziua când va da Domnul ploaie pe pământ!”
  15. Şi s-a dus ea şi a făcut aşa, cum i-a zis Ilie; şi s-a hrănit ea şi el şi casa ei o bucată de vreme.
  16. Căci făina din vas n-a scăzut şi untdelemnul din urcior nu s-a împuţinat, după cuvântul Domnului, grăit prin Ilie.
  17. După aceasta s-a îmbolnăvit copilul femeii, stăpâna casei, şi boala lui a fost atât de grea, că n-a mai rămas suflare într-însul.
  18. Şi a zis ea către Ilie: „Ce ai avut cu mine, omul lui Dumnezeu? Ai venit la mine ca să-mi pomeneşti păcatele mele şi să-mi omori fiul?”
  19. Iar Ilie a zis: „Dă-mi pe fiul tău!” Şi l-a luat din braţele ei şi l-a suit în foişor unde şedea el şi l-a pus pe patul său.
  20. Apoi a strigat Ilie către Domnul şi a zis: „Doamne Dumnezeul meu, oare şi văduvei la care locuiesc îi faci rău, omorând pe fiul ei?”
  21. Şi suflând de trei ori peste copil, a strigat către Domnul şi a zis: „Doamne Dumnezeul meu, să se întoarcă sufletul acestui copil în el!”
  22. Şi a ascultat Domnul glasul lui Ilie; şi s-a întors sufletul copilului acestuia în el şi a înviat.
  23. Şi a luat Ilie copilul şi s-a coborât cu el din foişor în casă şi l-a dat mamei sale şi a zis Ilie: „Iată copilul tău este viu!”
  24. Atunci a zis femeia către Ilie: „Acum cunosc şi eu că tu eşti omul lui Dumnezeu şi cu adevărat cuvântul lui Dumnezeu este în gura ta!”

« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »

Évangile selon saint Matthieu chapitre 18, versets 01-05 
01 À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? »
02 Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux,
03 et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
04 Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
05 Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi.
Méditation
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Faiblesse et dépendance
On a parfois une image un peu trop mièvre, un peu trop tendre de l’enfance : c’est la vie dans sa fraîcheur, c’est le symbole de l’innocence. Pourtant, on a vu il y a quelques jours la mort œuvrer dans un enfant, qui ne pouvait rien faire par lui-même : il a fallu le Christ pour le sauver. L’enfance, c’est une vie en dépendance. Et tous les parents le savent bien : un enfant, ça s’éduque, car il n’attend pas ses dix-huit ans pour être responsable moralement : un enfant, c’est une promesse, c’est aussi une grande faiblesse. En Jésus Christ, le grand se fait petit, et faible, et dépendant. 
Ce qu’Il a librement choisi d’être, à nous de reconnaître que nous le sommes : petit, et faible, et dépendant. L’invitation du Christ à accueillir l’enfant pourrait se comprendre ainsi : ne pas se cacher notre faiblesse, ne pas oublier que l’on dépend. Ne pas oublier, non plus, que l’on reste responsable moralement. 
Deux bons principes de discernement : quelle place donnons-nous à la faiblesse, la nôtre et celle des autres ? Question d’humble prudence. Deuxième principe : sachant la petitesse, comptons-nous sur nos seules forces vite épuisées ou faisons-nous appel à l’aide du Christ ? 
Question d’humble confiance. La foi sans doute déplace les montagnes, mais toutes les montagnes ne doivent pas être bougées. Ainsi, on peut dire oui, ou bien on peut renoncer. Et pour tenir la décision, qu’il s’agisse de s’engager, qu’il s’agisse de se retirer, un bon indicateur : la joie paisible d’un cœur d’enfant.
Frère Grégoire Laurent-Huyghes-Beaufont
Couvent dominicains de Lyon

Un secret „pour vivre toujours heureux”

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« Je voudrais pouvoir dire à tous ceux qui, ayant le cœur droit, cherchent partout un introuvable bonheur, que le secret pour être toujours heureux, oui malgré toutes les souffrances et les adversités, se trouve caché dans l’Evangile, qu’il suffit de le chercher, que c’est là que leur sera révélé le grand commandement de l’amour, en même temps que la manière de le pratiquer, puisque c’est par la méditation du Texte sacré qu’ils apprendront à connaître et à aimer Celui dont la connaissance et l’amour suffisent – et bien au delà – à satisfaire les plus brillants génies et à rassasier les cœurs les plus affamés de bonheur. »

Journal de Marthe Robin, 22 février 1930

https://www.foyer-chateauneuf.com/site-officiel-sur-marthe-robin.html

Cause de béatification en cours

„… ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits”

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Saint Vincent de Paul (1581-1660)
prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretiens

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits »

Si vous saviez, le plaisir que Dieu prend à voir qu’une pauvre fille de village, une pauvre [religieuse] Fille de la Charité, s’adresse avec amour à lui, oh, vous iriez avec plus de confiance que je ne vous puis conseiller. Si vous saviez combien de science vous y puiserez, combien d’amour et de douceur vous y trouverez ! Vous y trouverez tout, car c’est la fontaine et la source de toutes les sciences, [de toute connaissance].
D’où vient que vous voyez des gens sans lettres parler si bien de Dieu, développer les mystères avec plus d’intelligence que ne ferait un docteur ? Un docteur qui n’a que sa doctrine parle de Dieu vraiment en la manière que sa science lui a apprise ; mais une personne d’oraison en parle d’une tout autre manière. Et la différence des deux, vient de ce que l’un en parle par simple science acquise, et l’autre par une science infuse toute pleine d’amour, de sorte que le docteur, en ce[tte] rencontre, n’est point le plus savant. Et il faut qu’il se taise là où il y a une personne d’oraison, car elle parle de Dieu tout autrement qu’il ne peut le faire.

Cine este aproapele meu? — Curajul credinței

Duminica a 15-a de peste an – 14 iulie 2019

Cine este aproapele meu? – Comentariu la Evanghelie de pr. Alberto Maggi, OSM

„Legea divină trebuie observată chiar și atunci când provoacă suferință omului? Să vedem ce ne scrie Luca în capitolul 10, versetele 25-37. „În acel timp, un învățat al legii…”. Învățații legii sunt […]

via Cine este aproapele meu? — Curajul credinței