„Nu va voi lasa orfani…”

Ne apropiem cu pași repezi de sfârşitul Timpului Pascal. Săptămâna aceasta, joi, va fi Înălţarea Domnului. Apoi peste zece zile va fi Solemnitatea Rusaliilor şi Timpul Pascal se va termina. Cum am trăit acest timp? Ne-am simțit noi mai aproape de Cristos cel veșnic viu? Prin rugăciunea de la începutul sfintei Liturghii din această duminică […]

via Să nu ne simțim orfani… — Prea târziu te-am iubit…

Sunteti prietenii Mei

Există lucruri pe care pur și simplu le crezi și nu ai nevoie de nicio demonstrație. Însă sunt și realități pe care, chiar și relatate de mai mulți martori, nu vrei să le crezi, nu le accepți ca fiind adevărate și strigi cu apostolul Toma: „Până nu văd, nu cred” (cf. In 20,24). Uneori negăm […]

via Dumnezeu are prieteni. Despre vocație, prietenie și sacrificiu — Prea târziu te-am iubit…

Otche nash

Nu e greu de ghicit. Tatal nostru, într-o varianta etnica diferita de gregorianul Pater. Muzica de Kedrov.

Tatal nostru cel din ceruri…

Cerul, cerurile, raiul, paradisul… nume cu care încercam, imaginar, sa “localizam” pe Acela aflat dincolo de notiunile noastre cardinale de spatiu si timp.

Esential, desigur, ramâne acest mod de adresare care este al lui Hristos, Cuvântul, Fiul, cea de-a doua Persoana a Treimii divine, si fratele nostru.

Sfinteasca-se Numele Tau…

Rostind aceste cuvinte de cerere si de omagiu, suntem oare constienti ca ne adresam Ziditorului a toate, dorind ca slava Lui sa ajunga la fruntariile universului, de El creat?

Fie ca lauda Ta sa ajunga pâna si-n colturile lumii, peste tot unde oamenii se caznesc în bezna disperarii, coplesiti de neputinte, de nedreptati, de boli si de umilinte…

Stând înaintea Tatalui, înaintea Dumnezeului Celui Viu, punându-I înainte toata suferinta si toate tenebrele lumii… amintindu-I de stravechile Lui fagaduinte…

… ne vom da seama, poate, ca Domnul se ocupa si de propriile noastre necazuri. Stie ce ne lipseste, ce ne doare, si nestiut, lucreaza.

De aceasta convingere trebuie sa ne cramponam.

Rugaciunea Domnului

E nevoie de îndrazneala, spun oamenii credintei, ca sa poti rosti, „în duh si adevar”, Tatal Nostru. Nu foloseste la nimic daca rostesti cuvintele mecanic, repede-repede, ca sa scapi mai curând de o „obligatie” cultuala. 

Când îndraznesti sa te adresezi Tatalui nostru din ceruri, îl urmezi în fapt pe Fiul Lui, si fratele tau mai mare. Calci pe urmele Lui, îi porti tunica cea fara cusatura, stai la masa cu El, suferi cu El în gradina, pe Drumul Crucii, si-I cunosti victoria.

Da, ai nevoie de curaj ca sa calci pe urmele Mântuitorului. Curaj pe care ti-l daruieste, daca îl ceri staruitor.

Un gând cules dintr-o pagina a unui teolog anglican, Tom Wright, „The Lord and His Prayer”. Un clasic.

Encore un peu de temps…

Le visible et l’invisible

Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et puis encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je vais au Père. Le Seigneur parle de sa mort. Il mourra et les siens ne le verront plus. Il ne dit pas qu’il les abandonnera…

Il parle de sa mort comme si elle n’avait d’autre signification que de le rendre invisible pour eux…

Le Seigneur insiste là-dessus parce que son invisibilité aura une telle portée pour tout ce qui suivra : invisible, il guidera les siens, les fera participer à son invisibilité, effacera même les frontières entre le visible et l’invisible (Jn 16,16).

Adrienne von Speyr, mystique suisse, Commentaire sur l’Evangile de saint Jean

Il nous prépare une place

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,1-12. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »

COMMENTAIRE du fr J. Marcotte, o.p., Montréal

Il y a quelques années, je participais au conventum des anciens du Petit-Séminaire de Québec, avec les confrères de ma promotion. Il faisait bon nous retrouver dans une ambiance décontractée, toute à l’amitié. C’était le bonheur ému de nous revoir. Après le va-et-vient du début où chacun prend un peu contact avec tout le monde, est venu le temps de passer à table pour le repas. En entrant dans la salle du repas, j’ai eu ce pincement au cœur, inévitable : avec qui allais-je me retrouver pour ce moment prolongé de nos retrouvailles? Mon inquiétude s’est rapidement dissipée. En effet un couple là-bas m’avait gardé une place. C’était mon grand ami d’autrefois et son épouse, avec d’autres, bien sûr. Je ne pouvais désirer mieux. Une telle prévenance, ça vous fait votre soirée!

C’est un peu ce que le Seigneur fait pour nous aujourd’hui. Il nous invite à table dans la demeure de son Père, pour que nous soyons bienvenus avec lui, dans la confiance et l’intimité, pour un bonheur immense. Et lui-même, Jésus, nous explique ce qui se passe : comment nous en sommes venus à ce grand accomplissement. Il nous a lui-même préparé une place. Il nous attend. Il est heureux d’être avec nous. Pour nous il a donné sa vie. Cette vie que le Père lui redonne maintenant. Ressuscité d’entre les morts, il nous fait éternellement le don de cette vie. Le Père est en parfaite communion avec son Fils pour cette œuvre de puissance et de miséricorde qui nous concerne tous alors que nous sommes si fragiles.

Nous vivons désormais sous l’influence de Pâques, avec l’énergie du Ressuscité. Nous n’avons pas fini de mesurer l’impact universel de cette grande merveille. Nous avons part à la victoire du Christ, qui nous mène avec lui vers une terre nouvelle, dans la demeure de paix, l’héritage promis depuis si longtemps. Nous habitons déjà par la foi ce monde nouveau devenu dans le Christ Jésus la réalité du Royaume de Dieu en train d’advenir.

Tout cela nous le devons au Seigneur Jésus, notre frère et sauveur. Il est lui-même Chemin qui nous introduit chez son Père. Il est la Vérité de notre espérance. Il est la Vie promise. L’œuvre du Père se réalise totalement en lui et par lui. Disons-le encore : c’est l’œuvre de Pâques, notre Exode véritable, notre liberté acquise dans le Christ.

Au livre des Actes des Apôtres, en 1ère lecture, nous avons vu comment la première communauté de Jérusalem vivait cette foi au Christ avec le vent dans les voiles. Dans la charité et avec sagesse, elle assume ses responsabilités et procède aux aménagements nécessaires. Participer à la table de Dieu, connaître la vie du Royaume, ce n’est pas être passif. C’est une mise en œuvre incessante, dans la mouvance de l’Esprit, sous l’autorité des apôtres, pour que les charismes et les services trouvent leur fonction et leurs lieux d’application pour le bien de chacun et chacune, le bien de toute la communauté.

Par ailleurs, en deuxième lecture, la 1ière Lettre de Pierre, nous l’a bien rappelé : nous avons tous qualité de véritable « pierre vivante » pour devenir partie prenante du Temple spirituel à bâtir, où Dieu pourra accepter nos offrandes à cause du Christ Jésus. Voilà aussi notre appel!

En cette eucharistie prenons place à table. Une place que le Seigneur lui-même nous a préparée. Chacune, chacun est attendu, privilégié de pouvoir se tenir dans l’amitié de son Seigneur, joyeux de sa présence, heureux d’avoir part avec tous les siens à sa vie de ressuscité.

 

Des traces de Dieu…

http://www.abbaye-saint-paul-wisques.com/spiritualite/adrienne-von-speyr/des-traces-de-dieu/

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„Quelques extraits de l’autobiographie charismatique d’Adrienne donneront une certaine idée des traces de Dieu dans sa vie avant sa conversion.

A quarante-cinq ans, dans l’extase, elle retrouve l’état de conscience qui était le sien à l’âge de huit ans; elle ne sait plus qu’elle a quarante-cinq ans, elle n’est plus que la petite fille avec ses pensées et son langage.

Se déroule le dialogue suivant : – Sens-tu Dieu? – Qu’est-ce que ça veut dire: sentir? Savoir? Quelque chose comme : être caressée? – Oui. – Comment dire? Familier? Ce n’est pas tout à fait le mot juste. – Alors, comment? – Je suis sa petite sœur… Il voit tout… Il entend tout… Il est partout. Tu sais? Quand tu fais ta prière, ou quand tu manges, ou quand tu joues, tu sais toujours qu’il est là. Mais c’est très drôle, tu sais, parce que tu ne peux pas dire qu’il se cache. Ce n’est pas comme au jeu de cache-cache où quelqu’un va derrière un arbre et on sait qu’il est là. C’est tout à fait différent. – Comment? – Tu ne peux pas le dire, toi? Tu sais tant de choses. Pourquoi les gens ne disent jamais rien? Ils disent toujours « des paroles », mais jamais « des choses ». Qu’est-ce que vous attendez? – Peut-être que toi, tu le diras? – Je ne peux pas l’expliquer. Je ne peux pas répandre des fleurs… sur le chemin du Bon Dieu. Un jour j’ai reçu des violettes… C’était peut-être le premier bouquet que j’ai reçu. Avec les fleurs, j’ai fait un chemin pour le Bon Dieu dans la chambre de jeux. On m’a beaucoup grondé: peut-être que je n’avais pas assez secoué les violettes pour éviter de mettre de l’eau par terre. Mais je leur ai dit que c’était un chemin pour le Bon Dieu. J’avais pensé: s’il est là, il sera peut-être un peu content d’avoir ses pieds sur les fleurs. Mais il n’écrase pas les fleurs. Peut-être que ça lui fera un petit plaisir. Et j’en ai mis plus pour la table de Willy et d’Hélène que pour la mienne. Trois chemins qui partaient de la porte. – Pourquoi cela? – Pourquoi plus? Si le Bon Dieu aime bien marcher sur les fleurs, il ira surtout là où il y en a plus. – Alors tu ne veux pas qu’il vienne aussi à toi? – Mais si. On ne doit pas dire comme ça. Mais je voudrais le forcer un peu plus… à aller, tu comprends? – On peut donc le forcer? – Oh! Oui. Un peu, s’il aime les fleurs. Tu ne crois pas?3… Le surnaturel authentique ne peut se greffer que sur un naturel authentique.

Toujours à quarante-cinq ans, Adrienne retrouve la conscience qu’elle avait à quinze ans: – Comment fais-tu ta prière du matin? – On ne la commence jamais. J’ai toujours l’impression qu’on la continue. Un peu comme si j’avais dormi avec des amies dans la même chambre et qu’elles se soient réveillées avant moi; elles ont commencé à parler ensemble de choses que je connais aussi. Je me réveille et je les entends parler; aussitôt je puis me mêler à la conversation: « Oui, je pense aussi comme ça… » Je suis tout de suite au courant. C’est à peu près la même chose pour la prière. On est en plein dedans. – Et que dis-tu? – J’écoute d’abord un petit peu… Vous savez, je crois tout à fait autrement que celles qui vont au catéchisme. – Où est la différence? – Je m’occupe presque toute la journée du Bon Dieu… Ou bien peut-être que c’est exagéré. Je ne sais pas comment je dois dire. Vous comprenez? Quand les autres vont au catéchisme, elles se disent: Qu’est-ce qu’on doit apprendre par cœur aujourd’hui dans l’histoire biblique? Et je me dis: Mon Dieu, j’espère apprendre quelque chose de toi4.

A vingt-deux ans, étudiante en médecine, Adrienne se casse une jambe. Séjour à l’hôpital. Visite de l’aumônier catholique. – Est-ce qu’il t’a plu? – Ouiii… Est-ce que je dois te dire quelque chose? Pour moi, un curé a une auréole. Et c’est la première fois que je vois un curé. En tout cas, je n’ai encore parlé à aucun. Il parle comme s’il venait d’avoir avalé un pot de vaseline. Il vient me rendre visite assidûment… Il parle souvent du Bon Dieu. Mais ça sent la vaseline.  « Notre Seigneur est si bon ». J’aurais voulu lui dire: « Aussi bon que la vaseline ». Je ne le hais pas. Il est terriblement bête et il se prend très au sérieux, mais c’est quand même un curé… Je voudrais entendre la voix de Dieu et je ne l’entends pas5. L’étudiante en médecine, avec sa liberté de langage, rejoint ici André Chouraqui. Le langage sur Dieu qu’elle entend n’est pas adéquat. Le sera-t-il jamais?

Vers vingt-cinq ans: « Maintenant je dis depuis près de vingt ans que le Bon Dieu est autrement. Est-ce que ce n’est pas énervant à la longue? Et puis je ne sais pas du tout qui sont ceux qui savent comment est le Bon Dieu »6. Prière d’Adrienne à la même époque: « Montre-moi, dans l’idée que je me fais de toi, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Ne te lasse pas de tout me montrer jusqu’à ce que je sois sûre que tu es le vrai Dieu et comment tu es le vrai Dieu… Ô je te prie, montre-moi comment tu es autrement »7. A vingt-six ans: « Je suis bien convaincue que Dieu est autrement que je le pense. Et je suis surtout convaincue qu’il est encore beaucoup plus différent de ce que les gens pensent »8.

Vers l’âge de trente ans, Adrienne s’est trouvée aux portes de la mort. Elle aurait bien voulu mourir: « Je pensais: si on pouvait mourir maintenant, on pourrait voir comment Dieu est autrement, et alors c’en serait fini de mes tourments… C’était tellement naturel pour moi de mourir. Quand j’étais malade, nous avions du temps l’un pour l’autre, le Bon Dieu et moi. Je ne sais pas si on doit appeler ça prière. Je veux dire que j’étais heureuse d’être avec lui »9. Enfin, quelques mois avant sa conversion: « Je ne crois pas que ce puisse être dangereux d’être livrée à Dieu »10. Il y a donc dans la vie d’Adrienne cette longue attente, un peu douloureuse, d’une révélation du vrai Dieu. Elle cherchait Dieu au-delà des mots usés et des routines. Un jour, pour elle, le ciel s’ouvrira et personne ne parlera de Dieu comme elle.”