Homélie pour le 2e Dimanche de l’Avent (C) — Spiritualité 2000

Aplanir la route. Combler les ravins. Abaisser les collines. Redresser les passages tortueux. Ce sont là des tâches qui demandent beaucoup d’énergie. Il faut s’y mettre vraiment pour changer ainsi plus que le paysage, et ça prend du temps. Je me rappelle ce gros bulldozer autrefois sur la ferme, chez nous.

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Reclame

Asta e părerea ta, tu spui că eu sunt rege

Duminica a XXXIV-a de peste an – 22 nov 2015 Tu spui că eu sunt rege – Comentariu la Evanghelie de pr. Alberto Maggi, OSM Evanghelia lui Ioan ne prezintă primul interogatoriu al lui Pilat făcut lui Isus. Pilat deja îl cunoștea pe Isus, a contribuit la arestarea lui trimițând gărzile sale. Să citim evanghelia. […]

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Solennité du Christ Roi, avec un commentaire d’Origène

26 novembre 2018 – LE CHRIST ROI DE L’UNIVERS (année B)

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Évangile selon saint Jean (18,33b-37)

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit :

« Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même,
ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »

Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les
grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »

Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si
ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se
seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En
fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je
suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour
ceci : rendre témoignage à la vérité.

Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix.”

„Le règne du péché est inconciliable avec le règne de Dieu. Si donc nous voulons que Dieu règne sur nous, que « jamais le péché ne règne dans notre corps mortel ».

Mais « faisons mourir en nous ce qui appartient encore à la terre », portons les fruits de l’Esprit. Ainsi, comme dans un paradis spirituel, le Seigneur se promènera en nous, régnant seul sur nous, avec son Christ.

Celui-ci « trônera » en nous, « à la droite de la puissance spirituelle », que nous désirons recevoir, jusqu’à ce que tous ses ennemis qui sont en nous « deviennent l’escabeau de ses pieds », et que soit chassée loin de nous toute « principauté, puissance et souveraineté ».

Tout cela peut arriver en chacun de nous jusqu’à ce que « soit détruit le dernier ennemi, la mort », et que le Christ dise en nous : « Mort, où est ton dard venimeux ? Enfer, où est ta victoire ? »

Dès maintenant donc, « que ce qui est périssable en nous » devienne saint et « impérissable ; que ce qui est mortel… revête l’immortalité » du Père.

Ainsi Dieu régnera sur nous et nous serons déjà dans le bonheur de la nouvelle naissance et de la résurrection.”

(Références bibliques : Rm 6,12 ; Col 3,5 ; Gn 3,8 ; Mt 26,64 ; Ps 110,1 ; 1Co 15,24.26.55.53)

Prier, en retrouvant l’intériorité

Comment « descendre » dans «  la crypte » de son cœur ?

Pratiquement, comment faire pour aller vers cette intériorité ? Pour accueillir Celui qui est prière en nous, que nous ne voyons pas, que nous ne sentons pas ?

« L’expérience de convertis nous dit que ce cœur profond, ce lieu de la foi, peut être approché, réveillé par une attitude du corps.

Charles de Foucauld s’approche du confessionnal  de l’ Abbé Huvelin pour prendre rendez-vous et discuter, mais il entend, à deux reprises: « Mettez-vous à genoux et confessez-vous! » Pas de discussions même très spirituelles mais une pratique d’humilité du corps «  mettez-vous à genoux» et des lèvres << confessez-vous». La tête de Charles de Foucauld n’est pas encore capable de foi, mais ses genoux peuvent exprimer quelque chose. On pourrait dire aussi que le corps sait des choses qu’ignore la tête. En se mettant à genoux, Charles de Foucauld fait, sans le savoir, l’acte de foi qu’il cherchait et il dit son mal et l’expose ainsi à la miséricorde. Quand il sort du confessionnal, il n’a plus de problèmes de foi. Il est en relation vive avec le Dieu de Jésus-christ.

Madeleine Delbrêl, femme et chrétienne dans le milieu marxiste de la ville d’Ivry,  raconte sa conversion.

Quand elle commence à se poser la question « Dieu existerait-il ?», elle écrit : «Si je voulais être sincère, écrit-elle, Dieu n’étant plus rigoureusement impossible, ne devait pas être traité comme sûrement inexistant. Je choisis donc ce qui me paraissait le mieux traduire mon changement de perspective: je décidai de prier . Dès la première fois, je priai à genoux… » Madeleine Delbrêl commence donc par faire. Avant même de croire, elle prie, et elle prie à genoux. Les idées peuvent toujours tromper, le corps ne trompera pas. Dieu n’a pas refusé de se révéler à cette femme qui a su Le prier à genoux avant même de le connaître. Il lui a confié un message spirituel qui fait vivre beaucoup d’hommes et de femmes.

De même pour Etty Hillesum, le processus qui l’y a conduite semble le même que pour Charles de Foucauld ou Madeleine Delbrêl. Très curieusement, le combat personnel d’Etty, lorsqu’elle commence à entrevoir un monde spirituel, prend une tournure très concrète: la question, pour elle, est de savoir s’il faut, si elle peut, si elle veut s’agenouiller, éventuellement joindre les mains, et prononcer le Nom de Dieu. Ces actes simples qui, à nous chrétiens, vont pour ainsi dire de soi, ont pour elle une telle plénitude, un tel poids, qu’elle ne peut s’y résoudre d’emblée. Voici ce qu’elle dit: « Et Dieu? La fille qui ne savait pas s’agenouiller a fini par l’apprendre, sur le rude tapis de sisal d’une salle de bains un peu fouillie »   ( d’après une conférence du Père Ghislain Lafont)

Il n’y a pas de méthode pour être présent à quelqu’un dans l’amour. Mais l’expérience chrétienne depuis 2000 ans a noté des points de repères fondamentaux.

       La porte d’entrée est très importante. Passer 5 à 10 minutes à d’abord accueillir ce que je suis dans ma réalité tel que Dieu m’a crée  et doucement entrer en relation vivante avec Dieu qui m’attend. Cette porte d’entrée est valable autant pour la méditation que pour l’oraison et la lecture de la Parole.

 FICHE

Points de repère pour la prière du cœur.            

1) Porte d’entrée

  1. a)  Le corps :

«Ne savez-vous pas que votre corps (ma personne tout entière y compris mon corps) est le temple de L’Esprit Saint? » Entrer dans la prière avec son corps :

– Prendre une position où je suis détendue et stable, celle qui me convient le mieux avec mes limites. L’ascèse n’est pas dans la position mais de tenir la durée fixée. Thérèse d’Avila conseillait de mettre un coussin  si on avait trop mal aux genoux!

-Sentir mes points d’appui.

-Etre en réceptivité, présent à ce que je touche, vois, entends…sans juger.

– Accueillir le mouvement de la respiration tel qu’il est.  Ne pas penser que je respire, mais sentir mon corps respirant. Sur chaque expire, laisser mes épaules se détendre.

Je me reçois du Seigneur qui me donne un corps qui respire. Ma respiration  est le signe de ma vie avec le Seigneur, car elle est échange : Je reçois d’abord l’air et je le rends, je reçois la vie de Dieu et je me donne à lui.

  1. b) Emotions, sentiments, affectivité, imagination :

Prendre conscience de ce que je suis plus profondément, l’accueillir (même une colère, une  difficulté…), le nommer, et tel que je suis, sans masque, m’offrir au Seigneur.

  1. c) Le cœur profond :

Centre de mon être, de ma liberté, lieu des choix de la volonté, source de ma personnalité où je me reçois constamment de la main créatrice du Père, demeure du Christ, inspiré par l’Esprit Saint.

Avec ce que je suis dans l’instant, je dis au Seigneur ma détermination de passer ce temps avec Lui et ma foi « Je crois que tu es présent en moi, vivant, je choisis de te faire confiance. Je veux t’aimer, me sentant solidaire de l’humanité et te tenir compagnie en son nom.»

« Ne venez pas d’abord à l’oraison pour recevoir, mais pour donner, pour aimer. »

                                                                                                           Sainte Thérèse d’Avila

  1. d)  Prier l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint se joint en personne à mon Esprit. Si je dis « Viens Esprit Saint », ce n’est pas parce qu’Il est ailleurs, mais pour augmenter ma capacité d’accueil.

2)  Corps de la prière : (partie la plus longue)

La Parole de Dieu est toujours présente dans une prière chrétienne.

  1. a) Soit une scène d’Evangile :

-Accueillir le texte, puis m’arrêter sur ce qui m’a touché, comme dans la lettre d’un ami, et ouvrir librement mon cœur à cela.

  1. b) Soit répéter le nom de Jésus, ou « Seigneur Jésus, Fils de Dieu, prends pitié de moi pécheur », ou le chapelet…
  2. c) Soit répéter un verset d’écriture.
  3. d) Soit dire très lentement un Notre Père….

Savoir durer, demeurer, redisant des petits mots d’amour et ma confiance : « je crois en toi ».

3) Sortie de la prière :

L’authenticité de ma vie avec Dieu se trouve dans l’authenticité de ma vie avec les autres.

 

Sur le pardon des offenses…

… Avec Cyprien de Carthage

„Nous prions ensuite pour obtenir la rémission de nos péchés: Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Après le pain de chaque jour, nous demandons le pardon de nos péchés, afin que, nourris par Dieu, nous vivions en Dieu. Il ne s’agit pas seulement de la vie présente, mais de la vie éternelle où nous ne pouvons arriver qu’autant que, nos offenses seront pardonnées.

Le Seigneur donne à ces offenses le nom de dette, comme dans son Évangile : Je t’ai remis toute ta dette parce que tu m’en as prié (Mt., XVIII.). Nous rappeler que nous sommes pécheurs est un avis aussi salutaire que sage; car forcés de prier pour nos fautes et d’implorer le pardon de Dieu, nous apprenons à nous connaître nous-mêmes.

Que personne ne se (219) complaise dans sa prétendue innocence; personne n’est innocent: ces sentiments d’orgueil ne feraient que le rendre plus coupable. En priant tous les jours pour nos péchés, nous pouvons nous convaincre que nous péchons chaque jour.

C’est ce que nous apprend l’apôtre saint Jean: Si nous disons que nous sommes innocents, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste, il nous les pardonnera (I Jn., VIII.). L’apôtre a réuni dans son épître ces deux vérités : que nous devons prier pour nos péchés, et que nous en obtenons le pardon par nos prières. C’est pour cela qu’il nous dit que Dieu est fidèle à remettre les péchés. Ainsi il nous rappelle la promesse divine; car c’est Dieu qui, eu nous disant de prier pour nos fautes, .nous promet la miséricorde et le pardon.

Cependant, mes frères, Dieu ajoute à sa promesse une condition. Il veut que nous demandions le pardon de nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Il nous montre, par là, que nous ne pouvons obtenir notre grâce qu’autant que nous nous montrons miséricordieux envers nos débiteurs.

Aussi nous dit-il dans l’Évangile : On se servira à votre égard de la mesure dont vous aurez usé envers vos frères. Le serviteur qui, après avoir reçu de son maître la remise de sa dette, ne voulut pas user de la même condescendance envers son compagnon d’esclavage fut jeté en prison. Par sa dureté, il perdit ce que son maître lui avait généreusement accordé. Le Seigneur insiste plus fortement encore sur ce point: Lorsque vous voudrez prier, dit-il, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-le, afin que votre Père céleste pardonne aussi vos péchés. Si vous ne pardonnez pas vous-mêmes, votre Père qui est dans le ciel ne vous remettra pas non plus vos péchés (Mt., XI.) Il ne vous restera aucune excuse au jour du jugement, car vous serez jugé d’après votre propre sentence; vous serez traité comme vous aurez traité les autres.

Le Seigneur veut que ses enfants soient unis par les liens de la paix et de la concorde; ils veut qu’ils persévèrent dans cette charité qu’ils tiennent de leur seconde ,naissance. Nous donc, qui sommes les fils de Dieu, persévérons dans la paix qu’il nous a laissée et, puisque nous n’avons qu’un seul esprit, n’ayons qu’une seule pensée et un seul sentiment.

Le Seigneur n’accepte pas le sacrifice de celui qui conserve dans son coeur des sentiments de haine; il l’éloigne de l’autel; il lui ordonne d’aller se réconcilier avec son frère et de revenir ensuite lui adresser des prières inspirées par l’esprit de charité. Le sacrifice le plus agréable à Dieu c’est la paix, la concorde fraternelle, l’unité du Père et du Fils et du Saint-Esprit reproduite le peuple chrétien.

Nous en avons une preuve dans les offrandes d’Abel et de Caïn. Dieu considérait leurs coeurs et non leurs présents le présent ne lui plaisait plus autant que le voeur lui était agréable. Abel, homme juste et pacifique, offre à Dieu des sacrifices innocents ; il nous apprend que nous devons approcher de l’autel avec la crainte de Dieu, avec un coeur simple, avec l’esprit de sainteté, de paix et de concorde. C’est à juste titre, qu’offrant à Dieu de pareils sacrifices, il est devenu lui-même victime. Le premier, il a suivi la route du martyre et il a dignement figuré la Passion de Jésus-Christ, lui qui avait conservé la justice et la paix du Seigneur. Voilà les hommes que Dieu couronnera au jour du jugement et qu’il réclamera pour les siens.

Mais l’homme animé de l’esprit de discorde et de haine, fût-il mis à mort pour le nom de Jésus-Christ, saint Paul nous assure qu’il ne pourrait expier son crime; car il est écrit :

Celui qui hait son frère est un homicide; or, un homicide ne peut ni arriver au royaume du ciel ni vivre en Dieu (I Jn., III). Peut-il être avec le Christ, celui qui a préféré imiter Judas que le Christ? Quelle tache, mes frères, que celle que le baptême du sang ne peut laver ! Quel crime que celui qui ne peut être expié par le martyre !”

La prière : un échange de soifs. Jésus et la Samaritaine

De Françoise Froidevaux, „Miel toutes fleurs”, inédit

Jésus et la Samaritaine

La rencontre a lieu au Puits de Jacob ; dans la Bible, les puits sont souvent des lieux de mariage, et dans d’autres religions, c’est un lieu sacré où « réside » et agit la divinité. Ici aussi, ce sera une annonce d’alliance. L’eau provient d’un fleuve souterrain qui est à 30 m. de profondeur, soit la hauteur d’un immeuble de douze étages.

Jacob a fait un travail de puisatier, continuant à croire à la présence de l’eau malgré la profondeur et à creuser quelle que soit la dureté de la couche.

Jésus fera aussi un travail de puisatier, croyant que dans la profondeur de cette femme, il y a une source cachée d’amour, de plénitude. Il fait de même avec tout homme, avec chacun de nous, c’est Lui le puisatier qui va nous accompagner dans ce trajet jusqu’à nos profondeurs où Dieu réside.

C’est une rencontre entre un juif et une samaritaine; il y a une opposition ethnique et religieuse entre eux. Il faut donc un dépassement radical de la situation. De plus, la Samarie, après la conquête assyrienne, a introduit cinq faux dieux et est infidèle au Dieu de l’Alliance.

La rencontre se passe à la sixième heure, à midi ; ce sera à la sixième heure que Jésus sera crucifié et dira « j’ai soif ».

C’est la rencontre d’une femme avec Jésus ; Jésus reprend le dialogue à sept reprises. Or du temps de Jésus, un homme n’adressait pas la parole à une femme en public, c’était une inconvenance, sauf si parenté.

La Samaritaine vient puiser de l’eau en plein midi, sans doute parce qu’elle est rejetée par les autres femmes. Elle est occupée, femme, samaritaine, et ne doit pas avoir la moindre pensée de parler à ce voyageur qu’elle reconnaît juif, peut-être Rabbi. C’est une femme fragile, sa vie est ratée. Elle est seule au monde, elle fait scandale, enfoncée dans la désespérance inavouée. Elle représente ce qui à l’intérieur de nous, de chacun, se sent rejeté, en quête d’être aimé.

Il y a en chacun de nous un lieu de fragilité, de faille, de béance. On peut l’avoir blindé, en être inconscient, ne pas le laisser vivre. Le grand danger pour chacun de nous est de vivre dans l’illusion par rapport à soi-même.

Prier, c’est donner cet espace au Seigneur, se laisser regarder là par Lui, le laisser faire dans nos existences un travail de puisatier.

Jésus est fatigué par la route, il est midi, il s’est « assis comme ça ». Il est réellement fatigué, Il a faim et laisse les disciples aller se ravitailler, il a réellement chaud et soif car Il est réellement homme. Il ne fait pas semblant. Il accepte les limites de la condition humaine et n’est pas dans une attitude de toute-puissance.

Il aurait dû rester sur sa réserve, un Rabbi ne doit pas parler seul à une femme, en plus étrangère, hérétique, à la conduite scandaleuse. Il va se souiller en buvant à la cruche. Il accepte de ne pas être en règle et par rapport à la Loi, Il ne recherche pas la perfection. Là encore, c’est une attitude de non toute-puissance. Mais en fin pédagogue, Il va réussir à fixer l’attention de la femme.

« Donne-moi à boire ».

Il ne dit pas « donne-moi un peu d’eau », mais Il emploie une expression qui ne se trouve qu’une foi dans la Bible, quand les Hébreux souffrent vraiment de la soif dans le désert et pensent qu’ils vont en mourir.  Ils s’en sont alors pris à Moïse qui fera jaillir l’eau du rocher.

Jésus éprouve donc la soif de son peuple.

Extraordinaire humilité de notre Dieu altéré de l’amour du cœur de l’homme. Le tout-puissant se fait vulnérable, nous dit « Donne-moi à boire », « j’ai besoin de toi », et sur la croix ce sera un cri : « J’ai soif ».

Elle répond : « Comment, toi, un juif, tu me parles à moi, une Samaritaine ? »

Et notre réaction est la même : « Comment ? Toi, Jésus, tu me parles et tu veux me demander quelque chose à moi, qui suis si pauvre, si blessé…?

  Du Catéchisme de l’Eglise catholique

2563  Le cœur est la demeure […] où je « descends ». Il est notre centre caché, insaisissable par notre raison et par autrui ; seul L’Esprit de Dieu peut le sonder et le connaître. Il est le lieu de la décision, au plus profond de nos tendances psychiques. Il est le lieu de la vérité, là où nous choisissons la vie ou la mort. Il est le lieu de la rencontre puisque à l’image de Dieu nous vivons en relation : Il est le lieu de l’alliance.

2564 ….La prière chrétienne est action de Dieu et de l’homme ; elle jaillit de L’Esprit-Saint et de nous, toute dirigée vers le Père, en union avec la volonté humaine du Fils de Dieu fait homme.

A suivre: Comment « descendre » dans «  la crypte » de son cœur ?

Quelques exercices Vittoz

D’après Françoise Froidevaux

Installez-vous confortablement, étirez-vous et faites quelques respirations profondes.

Décollez très peu un pied du sol. Sentez le poids de la jambe. Posez le pied sur le sol. Idem avec l’autre pied. Sentez vos points de contact avec le sol et le siège qui vous porte.

Fermez les yeux et prenez conscience des bruits. Enregistrez les sons tels qu’ils viennent à vous, sans les commenter mentalement.

Prenez conscience, sans la modifier, de la respiration. Sentez la température de l’air. Sentez tout ce qui bouge dans la cage thoracique et le ventre. Ouvrez les yeux et enregistrez l’image d’un objet, sa couleur, sa forme, sans commentaires.

Refermez les yeux, puis regardez autre chose sans effort mais nettement. Il ne s’agit pas d’aller au devant des sensations mais de les laisser venir à soi.

Prenez un objet ou posez votre main sur quelque chose et ne bougez plus pendant une ou deux secondes, attentif, dans votre main et non dans votre tête, à la sensation qui s’offre à vous. Manipuler ensuite l’objet, mais  lentement et pas de façon mécanique.

Sentez également vos mouvements. Exécutez n’importe lesquels, attentif aux sensations diverses que vous donne le jeu des muscles.

Sentez-vous ensuite globalement présent ici et maintenant.

Faites un acte habituel en l’habitant, en l’accompagnant, pas de façon machinale. Plusieurs étapes peuvent aider.

Exemple :

  1. a) Se laver les mains en étant  présent aux sensations qui se présentent. 
  2. b) Le faire les yeux fermés.
  3. c) Le faire en sentant particulièrement le point final (ex : fermer le robinet).
  4. d) Le faire en sentant : « c’est moi qui me lave les mains. »
  5. e) Goûter le résultat final.

« Il est plus facile de rééduquer nos actes que nos pensées, commençons par rééduquer nos actes. » ( Dr Vittoz)

Marche consciente

Sentez le corps bien d’aplomb, les pieds en contact avec le sol, solide sur les jambes ; se sentir planté au sol, enraciné au sol.

Sentez le genou qui plie en avant pour chaque pas.

Sentez le pied qui se pose sur le sol, en commençant par le talon, et qui se déroule sur le sol jusqu’aux orteils. Etre présent au mouvement des orteils qui propulsent en avant.

Sentez tout le corps qui balance, les épaules souples, le balancement des bras.

Sentez les hanches qui travaillent, les genoux qui plient, les chevilles.

En ralentissant, sentez le pied qui se pose, le poids qui se porte sur une jambe et prendre le temps de sentir la solidité du sol avec tout le corps posé sur la jambe.

Regardez devant, recevez tout le champ visuel, tous les bruits, le bruit des pas.

Recevez l’air sur le visage, le soleil ou la pluie, les ombres et les lumières.

Sentez les pas réguliers, rythmés.

Sentez la respiration.

Les sensations conscientes régénèrent les cellules nerveuses, détendent le cerveau et reposent.

Il faut accueillir la sensation, lui permettre d’avoir tout son déploiement sans tout de suite la transformer en idée. Ex : en marchant sentir nettement le contact de mes pieds sur le sol. Ce n’est que quelques secondes, mais ça repose mon cerveau et tonifie mon système nerveux. Donc profiter de tous les moments creux de ma journée pour m’exercer à cette attitude de réceptivité au lieu de remâcher mes soucis ou d’élaborer des projets. Savoir être « badaud » à certains moments de la journée est une grande sagesse.

Cette réceptivité à ce qui m’entoure, à ce que je fais, à ce que je suis, à ce qu’est l’autre, m’amènera aussi à la réceptivité spirituelle qui ouvre à l’action de Dieu au fond de l’être et à la prière déposée en moi par l’Esprit Saint.

La réceptivité me permet de retrouver la conscience de mes actes, c’est-à-dire de sentir ce que je fais et non pas de penser à ce que je fais ou à toute autre chose.

« Nous devons sortir de notre vie automatique pour entrer dans une vie consciente. »

« Avoir conscience d’un acte, ce n’est pas le penser mais le sentir. »

« Le premier pas pour comprendre votre vie intérieure est de vous éveiller à votre vie extérieure, être conscient de tout ce que vous faites. » (Dr Vittoz)

L’acte conscient  nous situe ici et maintenant, nous donnant des informations claires sur ce qui nous entoure. Cette sensation de l’acte, dans la mesure où elle est nette, va interrompre le flot des pensées. Il faut pour cela  qu’elle occupe tout le champ de notre attention. Les actes conscients permettent de recevoir des impressions exactes, non déformées par l’idée. Il ne s’agit pas d’analyser les sensations perçues, ni de choisir les plus agréables, mais d’être en contact avec la réalité.

On découvre ainsi que le présent est un présent… en présence du Présent.